Guinée: La vidéo d'une femme utilisée comme bouclier par des policiers indigne

Une vidéo tourne en boucle sur les réseaux sociaux en Guinée : elle montre une femme prise comme bouclier humain par des policiers. Joint par RFI, le porte-parole de la police guinéenne réagit.

La scène filmée a été vue des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux guinéens et fait scandale. On y voit des policiers utiliser une mère de famille comme bouclier face à des manifestants qui leur jettent des pierres. C'était lors d'une manifestation à l'appel du Front national pour la défense de la Constitution (lire ci-dessous) qui proteste depuis plus de trois mois contre un éventuel troisième mandat d'Alpha Condé.

Ansoumane Baffoé Camara, le directeur général de la police, ne conteste pas l'authenticité de cette vidéo et va même plus loin.

La vidéo que nous avons vue sur la toile ne fait honneur à personne. Même dans une zone rebelle, on ne peut pas trouver de tels comportements. Quand le ministre m'a transféré la vidéo hier, je n'ai même pas pu dormir. Connaissant mes agents, j'ai dit que j'allais faire le tour pour retrouver celui qui a fait ça. Ce matin, j'ai convoqué tous les commandants d'unités, on a visionné. Un capitaine a été distingué, il a été arrêté et il en répondra car ce qu'il a fait vient de lui. Je ne cautionne pas l'acte que l'agent a fait ne vient pas de nous, ni du ministre de la Sécurité, ni directeur général, ni même de son commandant de compagnie, ce sont des comportements isolés [...] On est en train de rencontrer la femme. Si elle a le courage ; si elle a des séquelles morales, physiques, qu'on puisse la prendre en charge. Qu'elle sache que la police guinéenne n'est pas une telle police. je suis désolé, le brigadier a déconné, il répondra de son méfait. Je demande à cette femme, son mari, sa famille pardon en tant que directeur général de la police.

La direction générale de la police «demande pardon»

■ Le Front national pour la défense de la Constitution suspend ses manifestations prévues la semaine prochaine

Cette décision a été prise à la suite d'une requête de l'Église catholique guinéenne, qui tente depuis ce week-end d'apaiser les tensions liées aux législatives du 16 février et au projet de référendum sur une nouvelle Constitution. Fer de lance de la contestation ces derniers mois, le FNDC est prêt à dialoguer sur l'organisation des élections législatives, mais pas sur le projet de nouvelle Constitution.

Nous donnons une chance au dialogue, aux religieux [...] Pour nous, il n'y a pas de débat possible autour de la nouvelle Constitution. Nous avons été très clairs avec les religieux : on ne peut pas changer la Bible ou le Coran au même titre qu'on ne peut pas changer la Constitution pour son intérêt personnel. Bien sûr, le dialogue est toujours possible concernant les législatives

Ibrahima Diallo, chargé des opérations du FNDC

Le gouvernement guinéen n'ayant pas été saisi par les religieux, il n'a pas de position sur ce sujet, indique une source gouvernementale.

Plus de: RFI

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