Congo-Kinshasa: A l'Académie des Beaux ARTs de Kinshasa - Botembe effectue un voyage sans retour ni recours

L'artiste peintre François-Roger Botembe Mimbay Lita a été dernièrement porté en terre, au cimetière familial de Kimpoko, dans la commune urbano- rurale de la N'sele. C'était à l'issue de la cérémonie d'hommages académiques rendus à l'illustre disparu à l'Académie des Beaux Arts de Kinshasa, de la veillée mortuaire et du recueillement au funérarium Kin-Miséricorde, dans la commune de la Gombe.

En effet, ce Professeurs prestait ses services à l'Académie des Beaux-arts de Kinshasa avec maestria, l'institution d'enseignement supérieur artistique, aux fins d'offrir à la République Démocratique du Congo, les artistes scientifiquement bien formatés, techniquement outillés. Et ce conformément à la vision légendaire du Révérend Frère Marc Wallenda, membre de la congrégation des frères des écoles chrétiennes et fils vocationnel de Saint Jean-Baptiste de la salle, Patron céleste des éducateurs chrétiens.

Plusieurs orateurs se sont succédés, avec emphase, à la tribune, pour rendre témoignage à ce peintre muraliste et père du transsymbolisme. Pour le Directeur Général de l'Académie des Beaux-arts de Kinshasa, le professeur Henry Kalama Akulez, Maitre Roger Botembe fut un véritable ambassadeur aguerri de cultures de la République et de l'Afrique. Il portait avec ostentation l'éthique du commando d'un art fort.

Son nom signifiait défi. Il a gagné de grands paris. Son témoigne éloquent s'illustre dans la création d'un atelier moderne et professionnel portant son nom, ses publications scientifiques, son travail en équipe, son sens pratique. Sa célébrité remonte dès sa petite enfance. Car, il saisissait toujours les opportunités pour promouvoir son métier d'artiste. Pour ce faire, il s'est lancé dans la reproduction des affiches cinématographique. Ses performances artistiques lui offriront la chance d'aller poursuivre ses études à l'Académie Royale de Beaux-arts de Bruxelles (Belgique). Il y étudia avec abnégation et conscience. In fine, il en sortira avec deux parchemins.

D'abord avec un diplôme de peinture monumentale du cycle supérieur artistique du second degré avec mention plus grande distinction. Ensuite avec un certificat de sculpture monumentale et figurative du même cycle.

Rentré au pays en 1986, il a opté pour l'éducation de la jeunesse. Il exercera, tour à tour, les fonctions d'assistant de pratique professionnelle, de chef de département de peintre, chef de travaux en 1996, professeur Associé en 2010.

Caractérisé par un esprit ouvert, Roger Botembe a bénéficié de l'expertise des spécialistes des domaines divers, spécialement des philosophes, sociologues, anthropologues. Il s'agit notamment des Professeurs Mgr. Théodore Mulamba Gilombe, André Yoko Iye Mudaba, Frédéric-Bienvenu Mabasi Bakabana, Martin Fortuné Mukendi Mbandakulu ; les historiens Simone Gurandou et Anne Gesten : les critiques d'art Antoine Mpombolo Mateta, Paul-Olivier Musangi Ntemo, etc. Marié à Madame Joëlle Mbuze, le Maitre d'école savait bien jouer son rôle de pater familias. Malgré ses occupations d'enseignant et d'artiste. Il comptait à son actif de nombreux prix et trophées. Il y a lieu de ne citer que le prix du Musée d'art contemporain de Louvain la- Neuve (Belgique).

Quant au chef de département de peinture de l'Académie des Beaux-arts, le chef de travaux Pierre Kazoloko Yangika, le porte-étendard de l'art ancestral a su maitriser les contours et les arcanes de son domaine de prédilection. Glacial, mais toujours digne, Botembe dort, il attend le son de l'Ange fr Dieu aux fins de se réveiller.

Le voilà allongé, inerte dans son cercueil de mort entouré d'une foule compacte de pleureuses et de pleureurs. Glacial, mais toujours digne, Botembe dort, attendant d'être réveillé par le son de clairon de l'Ange de Dieu. La meilleure couronne de fleurs que nous lui avons apportée est tissée de nos larmes.

Devant un corps inanimé, nous croyons qu'il est en train de peindre dans une des églises de la capitale, comme il en avait l'habitude. Lieux culturels dans lesquels s'officient des liturgies de louanges et uniquement de louanges, soutenus par des chants mélodieux qu'exécutent les corps célestes. Car, il aimait servir le Seigneur au travers de son pinceau qui embellissait les lieux de haute spiritualité par la peinture murale à l'altare et au fond de la nef. Une façon de continuer l'œuvre amorcée par ses pairs, ainés de l'école de Wallenda, dont la mission a été d'accompagner le Cardinal Malula, d'heureuse mémoire, dans l'inculturation du message de la parole de Dieu.

D'après l'Architecte d'intérieur, le Chef de travaux Patrick Missassi Kabwith. Il a côtoyé la vie dans le sillage de l'Artiste Peintre Botembe.

Tous deux ont un passé commun. Leurs amitiés ont atteint un niveau on ne peut élever, à telle enseigne qu'ils préféraient passer pour des frères. Ils avaient la même vision des choses et ils visaient toujours l'excellence afin d'inscrire leurs noms dans les annales de l'art congolais moderne. Il gardera de Botembe les souvenirs d'un artiste qui cherchait toujours à mieux faire.

Le Président de l'Assemblée congolaise des Artistes, le Sculpteur Hassan Tshiamala Mpoy et celui de l'Association des critiques d'arts, le Céramiste Ilunga Bruno Musanga, ont abondé dans le même sens, en raison du fait qu'ils ont évoqué les qualités intrinsèques et extrinsèques de l'artiste qui savait concilier l'art à la recherche scientifique. Lors de l'interview accordée à la presse, le critique d'art Charles Tumba Kekwo, a révélé un aspect qui échappait à l'opinion nationale.

Selon lui, l'artiste qui prônait le retour à l'art ancestral est une vedette qu'il a promue dans les colonnes du journal Elima, dès son retour à Kinshasa, au terme des études en Belgique. In illo tempore, le milieu de l'art ne s'intéressait pas encore à sa peinture qui à l'époque était baroque. La philosophie des Ateliers Botembe conçoit l'art comme un texte dans un contexte.

Cet art interprété devient un prétexte à penser. Par l'image du masque peint, cet art évoqué le problème de l'homme culturel africain, en prenant en compte les considérations métaphysiques. Last vut not least, Maitre Lucien Lema Kusa a entonné la prière d'ouverture le jour de la cérémonie d'hommages académiques. Son exhortation a poussé l'assistance à comprendre la pertinence de la vie. Car, elle constitue un mystère qui n'a de sens que lorsque chacun prend conscience du respect sacro-saint du commandement Dieu.

Correspondance particulière

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.