Congo-Kinshasa: Des jeunes filles mangent à la sueur de leurs corps dans la commune de Kinshasa

Le plus vieux métier du monde et le « plus bénéfique » étend ses tentacules dans la commune de Kinshasa, précisément sur l'avenue Kabambare. Ici, le commerce du corps a habité parmi les hommes de la terre.

Le quartier général est établi sur l'avenue Kabambare, entre Lwambo Makiadi (ex Bokasa) et de Marais, à un jeu de pierre de l'église ACK (Assemblée chrétienne de Kinshasa) du Pasteur surnommé « Voici l'homme ». Déjà à la tombée du jour, des jeunes filles latéralement nues arborent le long de l'avenue Kabambare, à ciel ouvert

Elles abordent tout passant, éventuel client. Ce sont elles qui font le premier pas: » chéri olobi ni-ni ( chéri tu dis quoi) », faisant implicitement allusion à l'échange d'argent contre son corps. Mariam Imboyo est mineure, 16 ans révolus. Les cheveux en bataille et ongles en deuil, elle s'est lancée et exerce ce commerce, il y a deux ans.

» Ça fait deux ans que je me prostitue pour me nourrir et me vêtir, mes parents étant décédés « , laisse-t-elle entendre, les mains non disciplinées, tantôt elles caressent sa poitrine proéminente, tantôt elles passent par son derrière imposant. Sur ce tronçon, elles sont nombreuses comme file de fourmis. Chacune exhibe ses rondeurs pour s'attirer les partenaires occasionnels et intempestifs. Si celle-ci n'est pas en une robe qui laisse transparaître ses parties intimes, elle est en très munie jupe qui laisse trop à désirer.

Cora Ebengo , très brune avec une chevelure cramoisie, regrette d'être là debout depuis trois heures sans client. » Parfois je rentre mains bredouilles. Dans ces conditions, je diminue le prix jusqu'à 1.000 FC (0.6 USD), alors que d'ordinaire, nous acceptons 3000 FC (1.5 USD), a-t-elle laissé entendre, des goutes de sueur lui descendent du visage à la poitrine.

Quand un homme est abordé, les négociations ne durent pas deux minutes. Les hommes évitent de traîner par peur d'être dévisagés. Le tout se passe en plein aire, sauf l'exécution du contrat tacite qui a lieu dans une salle d'un immeuble inachevé, sur un pagne qu'étale la partenaire. Les habitués connaissent le coin et le préfèrent parce que, même avec 1000, l'affaire est finie.

Les grandes aussi

Les majeures aussi sont bien présentes. Elles viennent pour la plupart de loin. C'est devenu un grand centre des femmes qui marchandent à leurs risques et périls.

» Il y a des militaires qui couchent après nous pour ne rien nous donner après, ils nous menacent et nous frappent. C'est un travail difficile et dangereux. Mon amie est restée infirme parce que, molestée après un viol par six hommes robustes « , raconte Céria, les yeux rouges de sommeil.

Dans cet endroit, les journalistes sont des visiteurs indésirables avec leurs micros et caméras. Surtout les hommes ne peuvent donner de la parole. Ils n'en veuillent guère.

Pour la plupart de filles qui exercent ce métier, c'est la pauvreté, l'abandon ou le décès des parents qui motivent cette dépravation. Mais pour les autres, c'est le chômage et un bas niveau d'études. Ce coin est très chaud, de 19h jusque tard la nuit. Les marchandes restent debout, avec espoir d'être sollicitées. Mais l'acte ne dure pas longtemps. Beaucoup d'entre ces filles sont brutales. Une fois l'argent empoché, elles vous font voir de toutes les couleurs. L'usage du préservatif est obligatoire. Le prix est triplé si le client ne supporte pas le condom.

Au QG, il n'y a pas de pudeur. Les filles font tout pour séduire. Malheureusement, les timides, leur place est ailleurs. Il s'agit d'un commerce très rude qui exige de l'endurance. » Parfois je me drogue pour avoir du courage et supporter le nombre d'hommes qui varie selon l'horoscope « , indique Agnès, 15 ans révolus. Et celle-ci d'ajouter » Si Dieu me bénit, je peux avoir même six ou huit personnes, mais elles ne donnent pas toutes le même montant « .

La commune de Kinshasa devient ainsi le deuxième quartier chaud et commercial nocturne après Pakadjuma, dans la commune de Limete. Les filles y exercent impunément ce métier peccamineux, aux vues et sues des autorités communales et urbaines. Ces faits ont lieu à quelques mètres de la maison communale de Kinshasa, quartier bordé par plusieurs postes de la Police.

Chaque jour qui passe, ces filles se livrent à plusieurs exercices corporels très pénibles pour avoir un peu d'argent. » C'est un travail qui use le corps et fait vieillir prématurément « , affirme une trentenaire qui a requis l'anonymat. Pour manger, elles doivent faire fonctionner le corps, elles transpirent à grosses goutes.

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