Congo-Kinshasa: Nord-Kivu - L'insécurité à Beni fait des nouvelles victimes à Mamove

La région de Beni ne finit pas de compter ses morts. Dans la nuit du vendredi à ce samedi 1 février, l'ennemi a encore fait irruption à Mamove, tuant 7 autres civils puis blessant une dizaine d'autres mais on note également un milicien neutralisé.

Pourtant, il y a peu, le jeudi 29 janvier dernier dans l'après-midi vers 15h, les rebelles y ont également abattu au moins 6 autres citoyens dont 3 femmes et un enfant, en plus de dégâts matériels dont l'incendie d'au moins 3 habitations. Le décompte des personnes fauchées depuis le début de la semaine s'étend ainsi au fur et en mesure; l'ONGDH CEPADHO parle d'au moins 74 civils qui ont trouvé la mort jusqu'à jeudi dernier.

En ce qui concerne le dernier assaut à Mamove, village situé à une dizaine de kilomètres d'Oicha, chef-lieu du territoire de Beni, les forces vives locales n'identifient pas les tueurs comme des rebelles ADF pour cette fois. Même s'il se réserve de confirmer sa déclaration, Kinos Katuo pointe du doigt des éléments Mai-Mai qui se seraient infiltrés dans le coin au lendemain des massacres de jeudi dernier. L'acteur de la société civile regrette que des jeunes qui devraient contribuer à la restauration de la paix à Beni soient auteurs de si regrettables tragédies contre leurs propres compatriotes. Il les appelle au sens de patriotisme.

« Nous, on pense que ce sont des Mai-Mai, pas les ADF. Mais ça nous étonne que ce sont encore nos frères qui nous tuent comme ça, au lieu de nous aider à chasser les ADF. La plupart des victimes voulaient venir participer à l'enterrement de leurs proches qui avaient été tués le jeudi. Malheureusement, voilà qu'ils viennent de mourir ici. L'armée n'est pas intervenue surtout que c'est un peu loin », témoigne-t-il.

Les forces vives renseignent que les villages sont déserts, les populations ayant fui l'horreur et la misère leur imposées par les terroristes. Elles appellent les autorités à changer leurs stratégies de guerre, encercler l'ennemi et arriver ainsi a étouffer définitivement. Aux milices locales, Kinos Katuo demande de s'inscrire dans la logique du gouvernement congolais et de déposer les armes pour faire la paix.

Par ailleurs, c'est une autre attaque qui a ciblé le village de Tingwe vers 14h du vendredi 31 janvier selon les sources policières. Là encore, 4 personnes dont 2 femmes ont trouvé la mort.

Prendre des précautions

Le regain des violences à grande échelle à Beni a poussé les forces armées à prendre des mesures préventives. L'ennemi n'est pas complètement défait et continue de roder autour de plusieurs villages en dépit de victoires à mettre à l'actif des FARDC. Ainsi dans l'objectif de prévenir les vies humaines des dégâts collatéraux des opérations en cours dans la zone, plusieurs axes routiers viennent d'être interdits aux civils par le commandement des opérations Sokola 1. L'annonce a été faite vendredi 31 janvier au lendemain d'une suite des tueries qui ont coûté la vie à une soixantaine des compatriotes.

Il s'agit essentiellement des tronçons Oicha-Mamove, Oicha-Maleki, Maleki-Aveyi, Maleki-Makumo, Makumo-Mantumbi et Mantumbi-Vusuku.

Mais malgré tout, le lieutenant Antony Mwalushay, porte-parole adjoint de ces opérations appelle la population à maintenir sa confiance à l'armée dans une conjugaison des efforts qui conduiront à la victoire finale.

« Nous devons tous travailler pour mettre définitivement fin à cet ennemi. A la population de ne pas baisser les bras, nous devons poursuivre ensemble en dénonçant », exhorte-t-il.

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