Nigeria: Interdiction des motos-taxis - Qu'en pensent les utilisateurs ?

motocyclette

Au premier jour de l'interdiction des moto-taxis (okada) et des tricycles à moteur (kéké) à Lagos, hier samedi, la nouvelle mesure semble avoir été respectée sur la plupart des grands axes de la capitale économique du Nigéria. Si les okadas et les kékés ont subitement déserté les rues des principaux quartiers de la ville, l'après-weekend aura valeur de test pour les autorités locales.

Dans les quartiers d'affaires du sud de la ville, les rues étaient assez calmes ce samedi, jour chômé pour beaucoup. Pas l'ombre d'un keke ou d'un okada mais à partir de lundi, la majorité des habitants de Lagos reprendront le travail.

Abiadu Tidiola, réparateur de climatiseurs, craint les conséquences de cette interdiction sur son quotidien. Pour se rendre au travail, il prend généralement un keke, un bus, puis un autre keke. « Ce n'est pas une bonne mesure, parce que les gens pauvres apprécient les keke : tout le monde n'a pas les moyens de s'acheter une voiture », nous explique t-il.

Au volant de son 4X4, Sunday Bloma, ingénieur commercial, tient le même discours bien que propriétaire d'une voiture. Car pendant les heures de pointe, il préfère garer son véhicule et utiliser une moto-taxi. « Quelqu'un qui se déplace beaucoup comme moi, qui a des rendez-vous professionnels, préfère prendre une moto-taxi (un okada), parce qu'il va éviter le trafic. S'il n'y a pas d'okada, qu'est-ce que je fais ? Je vais arriver en retard au travail... »

Wola Biyi, chauffeur privé, salue ces nouvelles règles qui ont pour objectif de faire baisser le nombre d'accidents. « Notre gouvernement fait du bon travail en empêchant ces véhicules de circuler sur les grandes routes, il s'agit de sécurité routière, donc c'est normal, mais dans le même temps, c'est une mesure brutale. »

Les millions de chauffeurs ayant perdu leur emploi sont inquiets pour leur avenir et beaucoup se demandent comment nourrir leur famille s'ils ne sont pas autorisés à reprendre leurs activités.

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Plus de: RFI

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