Congo-Kinshasa: Tensions dans les milieux universitaires - Les étudiants s'amendent, le CNSA appelle au dialogue

Aucune cause, si légitime soit-elle, ne peut justifier des actes criminels qui mettent en péril la paix sociale. Les étudiants représentants les différents établissements du pays s'accordent à ce point avec le Conseil national de suivi de l'accord et du processus électoral.

Les discussions organisées le weekend dernier entre les deux parties débouchent sur la nécessité du maintien d'un dialogue permanent entre tous les acteurs impliqués dans le système éducatif congolais.

Les revendications des étudiants sur la fixation des frais académiques étaient allées « trop loin ». Des sites universitaires à Kinshasa comme en provinces ont été le théâtre de manifestations quotidiennes, dont plusieurs ont été ponctuées de violences et d'actes de vandalisme causant même des pertes en vies humaines.

En ce moment que la tension a baissé, le Conseil national de suivi de l'accord et du processus électoral tient à ce que le climat de paix soit pérennisé dans les milieux universitaires. C'est ce qui explique l'échange organisé, samedi 1er février au siège du CNSA à Kinshasa entre le président de cette institution d'appui à la démocratie, Joseph Olenghankoy et la représentation des étudiants des différents établissements de la capitale, à savoir : UNIKIN, UPN, Académie des beaux arts, UPC, ISAM, ISPT, ISTM, ISTA, ISC, INBTP, ISS, IFASIC, ISAU, etc. Les deux parties s'accordent à préserver la paix sociale. D'où, la nécessité de maintenir un dialogue permanent.

Au nom de ses camarades, Henschel Kimanga, président des étudiants de l'ISTA et 1er vice-président des étudiants du Congo, a exprimé les regrets de toute la communauté estudiantine sur les dégâts enregistrés lors des revendications. Des stratégies ont été arrêtées pour qu'une telle situation ne se reproduise. Il s'est exprimé en ces termes : « ... Il y a eu des désordres dans les différents établissements au sein de la ville et dans les universités et instituts supérieurs à travers le pays.

Nous avons eu à échanger sur la question et nous avons sincèrement déploré les dérapages surtout des pertes en vies humaines. Nous sommes venus présenter nos regrets. Et nous avons discuté sur les pistes de solutions relatives au frais académiques. Nous avons définis des stratégies à mettre en place pour mettre fin à la tension. Nous avons même sollicité le soutien du CNSA et des autres acteurs politiques qui accompagnent l'étudiant congolais pour que des mesures soient prises de façon efficace afin que la voix de l'étudiant congolais soit entendue ».

Henschel Kimanga n'a pas caché sa satisfaction du fait que le président du CNSA a porté une oreille attentive sur les stratégies proposées. « Il a réagi favorablement en nous assurant du maintien des entretiens. Nous avons profité de l'occasion pour solliciter par l'entremise du président du CNSA que le chef de l'Etat visite les différents sites universitaires. Quel autre moyen aura-t-il de pouvoir apporter un soutien aux étudiants si ce n'est de côtoyer les milieux que les étudiants fréquentent et voir de près ce que la vie de l'étudiant congolais », a-t-il déclaré.

Du côté du CNSA, c'est le rapporteur Valentin Vangi qui a donné de la voix pour justifier le rôle, combien important, de sapeur pompier que joue le CNSA conformément au chapitre 5 de l'accord qui voudrait que les comportements et les propos de tout un chacun ne soient pas incompatibles avec la paix.

« Nous venons d'enregistrer leurs pistes de solution. Nous ferons des recommandations au chef de l'Etat, au Premier ministre, au ministre de l'ESU et à eux-mêmes les étudiants. Nous avons insisté sur le dialogue. Et nous encourageons tous les partenaires impliqués dans le système éducatif au dialogue pour qu'on prévienne certains conflits. C'est aussi pour que nos sites universitaires soient des sites de formation et non des mouroirs », a indique le rapporteur du CNSA.

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