Burkina Faso: Une vingtaine de civils tués à Lamlamdo dans la province de Gorgadji

Photo d'illustration
2 Février 2020

Dans la nuit du samedi à dimanche dernier, des Hommes armés non identifiés (HANI) ont tué une vingtaine de civils, dont un agent de santé à Lamlamodo à une dizaine de kilomètres de Gorgadji. En l'espace d'un mois, plusieurs citoyens burkinabè sans défense ont payé le plus lourd tribut dans les agressions terroristes.

De Arbinda où 35 civils pour la plupart des femmes ont été abattus de sang-froid, le 24 décembre 2019, à Toéni (14 morts dont sept élèves) en passant par Silgadji où 39 personnes ont péri dans l'attaque d'un marché, le 25 janvier, les regroupements de populations sont sujets à des attaques. A cela s'ajoutent d'autres incidents tout aussi mortels enregistrés au Burkina, pays qui semble être au cœur de la tempête, comparativement au Mali et au Niger.

C'est clair, face à la montée en puissance des Forces de défense et de sécurité (FDS), les HANI au Burkina ont jeté leur dévolu sur les civils, considérés comme des cibles molles. Sans pour autant renoncer à attaquer les positions militaires, ils minent régulièrement les pistes rurales et procèdent à des exécutions sélectives au faciès.

Les lourdes pertes subies au quotidien par les terroristes et la perte au combat de certains de leurs stratèges peuvent expliquer l'exacerbation de la cruauté.

Nous devons alors être plus vigilants, tout en continuant à améliorer nos capacités d'anticipation, malgré les encourageantes victoires d'étapes engrangées dans cette guerre que le Burkina Faso est condamné à gagner. Le changement apparent de tactique ne doit pas divertir les FDS.

Elles savent pertinemment que cela peut être une stratégie subtile pour détourner leur attention et faire plus de mal.

En effet, rediriger l'arme contre les populations civiles avec le sombre dessein de dresser le peuple contre son armée, est tout aussi désastreux que les conflits intercommunautaires. C'est l'autre piège que les Burkinabè doivent éviter.

Au regard du recrutement acté des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), l'on peut croire que ces groupes armés veulent saper cette initiative populaire. Ils croient certainement, qu'en tuant et en semant la psychose au sein des populations, ils pourront étouffer l'initiative dans l'œuf.

Une hypothèse qui a très peu de chance de se réaliser parce qu'en face, ils ont des citoyens gonflés à bloc pour défendre leur patrie. Ceux-ci n'attendent que le top de départ de l'enrôlement pour exprimer ce patriotisme enfui au tréfonds de leurs âmes.

Si le processus s'accélère (et c'est ce qui est souhaitable) avec la prise du décret présidentiel, il n'y a aucune chance que les terroristes occupent le terrain en premier.

Cependant, avant l'effectivité de la mesure, il est important de rassurer les habitants des zones qui subissent les atrocités des terroristes. Cela en fédérant les énergies de tous les acteurs mobilisés dans la lutte contre le terrorisme.

Les ratissages des FDS, appuyées par les armées étrangères partenaires, devraient être plus fructueux et donc plus dissuasifs. Le tout est de travailler à ce que les forces du mal ne se fondent pas facilement dans la nature après leurs basses besognes.

A La Une: Burkina Faso

Plus de: Sidwaya

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X