Sénégal: Kédougou - Persistance des accouchements à domicile

3 Février 2020

Souvent, au terme de leur grossesse, dans la fatidique épreuve d'accouchement qui s'en suit, certaines femmes délaissent volontairement les structures de santé jugées parfois trop coûteuses ou du fait d'un délai d'attente pour une prise en charge jugé assez long, d'autres par contre le font malgré elles lorsque les moyens de transport font défaut.

C'est le cas des deux quartiers de Kédougou Ndiormi et Kongori qui, à eux seuls, totalisent 25 accouchements à domicile sur les 100 enregistrés dans toute la région courant 2019.

De l'avis de Mme Sow Diabou Cissokho, maîtresse sage-femme au centre de santé de Kédougou, la récurrence des accouchements à domicile sont dus à plusieurs facteurs dont le plus notoire est l'acheminement vers les structures de santé.

«Les accouchements à domicile au niveau de Kédougou existent jusqu'à présent. Plusieurs raisons en sont à l'origine. Surtout dans les deux quartiers où le phénomène est notoire, à savoir Ndiormi et Kongori.

Après l'interrogatoire, les femmes en imputent la responsabilité aux chauffeurs de taxi qui refusent obstinément de se rendre au-delà de 00h, dans ces quartiers enclavés. Aussi, en plus d'êtres enclavés, ces quartiers sont éloignés. Et des escales sont nécessaires pour s'y rendre, environ 7 km pour arriver jusqu'ici».

En plus d'être enclavés avec une route sinueuse par endroits et une route de latérite dans sa totalité, se rendre dans ces quartiers relève d'un parcours de combattant à plus forte raison pour des femmes sur le point d'accoucher.

Raison pour laquelle, déplore la maîtresse sage-femme, «en 2019, nous avions enregistré100 accouchements à domicile parmi lesquels les 25 ont eu lieu courant décembre 2019. Et la plupart de ces accouchements ont eu lieu dans ces deux quartiers cités plus haut, à savoir Ndiormi et Kongori».

Pour pallier au problème d'acheminement des femmes sur le point d'accoucher à l'hôpital mais aussi annihiler les chances qu'elles ne perdent la vie en donnant la vie, Mme Diabou Cissokho, de concert avec quelques chauffeurs de taxis affiliés, ont mis en place un dispositif.

Toutefois, elle déplore que cela ne trouve pas de répondant chez les femmes sur le point d'accoucher : «nous nous sommes entendus avec quelques chauffeurs de taxis qui sont prêts à aller chercher ces femmes en travail et nous avons communiqué leurs numéros à ces dernières mais elles n'appellent pas.

Les numéros sont même affichés à la salle de consultation. Maintenant, pour le district, s'il y a des femmes qui appellent, nous demandons aux Badiénu Gokh qui sont au niveau des quartiers de leur porter assistance.

Et si la Badiénu Gokh appelle le district, automatiquement nous mettons une voiture leur disposition», conclut-elle.

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