Tunisie: Après l'incompréhensible défaite de l'espérance devant la jskabylie (0-1) - Défaite «préméditée» !

3 Février 2020

Une défaite fait toujours mal même en l'absence d'enjeu, surtout si elle est essuyée par un colosse qui fait trembler tout le monde. Ce fut le cas de l'Espérance qui a été battue absurdement par la JSK (0-1) à Tizi Ouzou.

Ce ne sont pas les deux titres continentaux successifs de l'Espérance sous la férule de Mouine Chaâbani qui vont nous empêcher de dire que ce dernier manque encore d'expérience et de métier dans plus d'un chapitre. C'est du moins ce que pensent beaucoup de spécialistes et surtout les supporters du club de Bab Souika qui digèrent toujours mal une défaite, somme toute évitable, notamment dans la plus prestigieuse des compétitions qui leur tient à cœur plus que tout autre objectif. Et pourtant, c'est ce que les fans de l'Espérance ont été contraints de goûter amèrement avant-hier à l'issue de la première défaite essuyée en Ligue des champions après une invincibilité record de vingt matches. C'est-à-dire depuis la défaite devant Al-Ahly d'Egypte lors de la finale aller de l'édition de 2018 au Caire (1-3).

Rester invaincus, les «Sang et Or» l'on fait pendant exactement quinze mois depuis le 2 novembre 2018. Mais avant-hier à Tizi-Ouzou, dans le cadre de l'ultime journée de la poule «D», la JSKabylie a eu l'honneur de rompre cette longue chaîne d'invincibilité de l'Espérance dans un «derby» sans la moindre incidence sur la hiérarchie et la qualification déjà acquises, dans l'ordre, au représentant tunisien et son dauphin Raja Casablanca.

Les «Canaris» de la JSK ont réussi là où beaucoup de clubs plus forts que le leur ont lamentablement échoué avant eux (Al Ahly, T.P.Mazembé, Widad Casablanca etc.). A quoi est due cette première «chute» de l'Espérance même si elle est survenue au titre d'une simple formalité ?

Remaniement exagéré

Franchement on ne peut rien reprocher aux joueurs qui ont tout donné pour résister et s'acquitter de leur tâche face à un adversaire qui était mieux armé pour gagner et quitter la compétition africaine sur une note gaie. Contrairement au champion d'Afrique qui accède au tour des quarts de finale sur une défaite qui aurait pu être évité sans effort notable. Sans chercher la petite bête à Mouîne Chaâbani qui bénéficie déjà d'une grande notoriété sur le plan arabo-africain, c'est bien lui qui doit assumer l'entière responsabilité dans cette défaite, synonyme d'un cheveu dans la soupe. La grosse bévue du coach espérantiste a consisté au fait d'avoir aligné une équipe composée totalement de doublures et de joueurs à court de compétition. Dès lors, son objectif était clair : ménager tous ses titulaires en pensant déjà au duel de la Supercoupe d'Afrique avec Ezzamalek dans deux semaines à Doha.

Et, en même temps, gérer, tant bien que mal, le cours du match pour éviter la défaite et rien de plus. Même au niveau de la tactique adoptée, plusieurs erreurs de coaching ont été manifestement enregistrées. Chaâbani a enrôlé d'emblée quatre attaquants francs, en l'occurrence Fedaâ, Abdelli, Ben Choug et Ben Hammouda. Il espérait exploiter les espaces que les Algériens allaient être obligés de laisser, en prenant beaucoup de risques en attaque, dans le but d'offrir une victoire à leurs fans.Mais le timonier de l'EST a négligé l'absence criarde de cohésion et de complémentarité au sein de son ensemble hétéroclite constitué de toutes pièces.

De plus, le milieu de terrain qui a toujours été son arme redoutable a été chamboulé et presque exclusivement basé sur le rendement de la paire incohérente Kwamé-Meskini. Deux pivots chargés uniquement de soutenir la défense et d'assurer la couverture sans plus. D'ailleurs, ces deux joueurs ainsi que Ben Romdhane, qui a suppléé Kwamé en seconde période, ont subi toute la charge du match, tellement l'initiative revenait aux Kabyles. Ceci a été criardement constaté en seconde mi-temps, lorsque les Algériens s'étaient rendus à l'évidence que les Tunisiens ne s'étaient pas déplacés en Algérie en francs conquérants.Et puis pourquoi aucun Algérien de l'Espérance n'a pris part à ce match? Pourtant, l'esprit professionnel bannit les «considérations» autres que sportives.

Tout cela nous mène à conclure que Mouîne Chaâbani a fait fi du prestige de l'équipe, en prêtant le flanc à la défaite qu'il croyait pouvoir éviter sans avoir à mobiliser le moindre atout parmi les nombreux grands joueurs dont il dispose. Il l'a fait à l'exception d'une tentative vaine avec l'incorporation tardive (60') de Ouattara. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps.L'essentiel reste quand même la qualification avec grade de leader malgré la défaite, diront certains. Toutefois, il appartient à Mouîne Chaâbani de tirer les enseignements de sa première grosse bourde qui risquerait d'être le déclic d'un désamour avoué que bon nombre de grands entraîneurs ont connu avant lui. Faouzi Benzarti, qu'il a côtoyé, en est l'exemple parfait.

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