Cote d'Ivoire: Aéroport d'Abidjan - Après le déguerpissement, la déscolarisation des enfants

La première phase d'évacuation du terrain bordant l'aéroport d'Abidjan a été effectuée il y a une douzaine de jours. Ces déguerpissements font suite à la découverte le 8 janvier à Paris du corps sans vie d'un adolescent à l'atterrissage d'un avion Air France en provenance d'Abidjan. Avec des dizaines de familles délogées, les écoles voient leurs salles de classe se vider.

À l'école primaire Pierre Dadié du quartier Adjouffou, les salles de classe ne sont pas surpeuplées comme à l'habitude. Cela sonnerait comme une bonne nouvelle si les élèves absents ne faisaient pas partie des familles expulsées le 23 janvier dernier.

« Bonjour, M. le Président. Depuis la destruction des maisons de nos parents par des machines, plusieurs de nos amis ne viennent plus à l'école... » Cette élève lit une lettre destinée à la Présidence et au gouvernement, pour sensibiliser les autorités à la détresse des écoles d'Adjouffou. Depuis le déguerpissement des habitants, le directeur de l'établissement Germain Kouassi voit la fréquentation chuter. « Ici, on a 581 élèves inscrits. On compte près de 100 ou 150 absents. C'est une école privée, et donc ces parents ne paieront plus la scolarité. Le salaire des [professeurs] est en danger. »

C'est l'ONG ivoirienne We Can Plant Life qui a proposé aux élèves de rédiger une lettre aux autorités. Au départ, l'organisation souhaitait sensibiliser les enfants d'Adjouffou à la protection de l'environnement. Mais au vu de la situation, elle a choisi de changer provisoirement son fusil d'épaule. Sa présidente, Florence Yao, craint que l'éloignement des familles favorise la déscolarisation des enfants. « Un parent nous a raconté qu'il remet de l'argent à son enfant pour venir à l'école. Cet enfant a 12 ans, il est en CM2. Le risque est qu'il descende en route, s'amuse et fasse n'importe quoi, et fasse croire à ses parents qu'il est allé à l'école. Notre peur aujourd'hui, c'est que ces enfants se retrouvent à la rue. »

Bien qu'elles ne soient pas visées par les expulsions, les écoles répètent ne pas pouvoir survivre si toutes les familles vont ailleurs. Elles demandent au gouvernement d'attendre les vacances scolaires, alors que les déguerpissements reprendront au mois de mars.

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