Burkina Faso: Police nationale - Grèvera, grèvera pas ?

Les «poulets» ont souhaité être armés jusqu'aux dents pour lutter contre l'insécurité. Ils ont aussi exigé le départ du ministre de la Sécurité, Ousseini Ilboudo. Ce sont, entre autres, les points chauds de la conférence de presse animée dans la matinée du 3 février 2020 par l'UNAPOL qui a appelé ses membres à une grève illimitée à partir du 4 février.

Face à ces revendications, une délégation de « poulets » était chez le Premier ministre dans la soirée du 3 février. Concernant la levée ou pas du mot d'ordre de grève, la délégation affirme qu'elle ira se concerter avant toute décision.

Dans un premier temps, la nuée de journalistes n'avaient rien à se mettre sous la dent au terme de cette rencontre qui a duré plus de 3 heures. Le secrétaire général de l'UNAPOL, Armiyahi Zongo, se contentant simplement de répéter que les « échanges ont été fructueux ».

Mais à force pour nous d'insister à travers les multiples questions de relance, l'interlocuteur lâche du lest peu à peu : « L'honnêteté a amené le gouvernement à dire que certaines revendications peuvent être satisfaites dans un bref délai. Nous en avons pris note », a-t-il avancé. Nous n'en saurons pas plus sur ce qui a été décidé. Du moins à ce moment.

Un peu plus tôt dans la matinée du 3 février, l'UNAPOL a, au cours d'une conférence de presse, interpellé les policiers à observer un arrêt de service illimité à partir du 4 février afin de demander le départ du ministre de la Sécurité, Ousseni Compaoré, et bien d'autres choses.

Cette longue rencontre au premier ministère nous aura permis d'être un peu éclairé sur les revendications des policiers : « Avant de prendre toute décision, nous allons nous concerter, et nous tiendrons compte de l'intérêt supérieur de la nation. Nous ne souhaitons pas être un obstacle à cela.

D'ici, que vous arriviez dans vos différentes rédactions, peut-être qu'une solution sera trouvée, et vous en serez informés. Vous serez édifiés très rapidement », a promis le SG même si, au moment où nous tracions ces lignes, nous n'étions pas encore édifié.

Attardons-nous sur le départ du ministre de la Sécurité et de ses principaux collaborateurs, réclamé par les policiers. Sur ce point, Armiyahi Zongo, invoquant un déficit de communication, reconnaît que l'Union s'est injustement attaquée à la mauvaise personne.

« Certains des points qu'on a évoqués ne relevaient même pas de notre ministère parce que le ministre a fait son travail en transmettant les dossiers là où il faut. Ils sont en souffrance à un niveau plus élevé.

Le ministre est notre premier interlocuteur, et s'il y a un déficit de communication, on a l'impression que tout vient de lui. On reconnaît s'être trompé à un moment donné. Ce qui nous oblige à dialoguer entre nous et à revoir beaucoup de choses », a-t-il expliqué.

S'agissant du dossier sur l'indemnisation des familles des victimes, Armiyahi Zongo et les autres membres du bureau de l'UNAPOL, un peu plus tôt dans la matinée du 3 février, se sont indignés parce que « le ministère n'a prêté aucune oreille attentive à la question ».

De la rencontre qui a eu lieu dans la même soirée il ressort que le dossier des revendications des policiers est sur la table du conseil des ministres et qu'il sera examiné très rapidement.

Les poulets, qui ont aussi souhaité être armés jusqu'aux dents afin de lutter contre l'insécurité, ont discuté de cette question avec le Premier ministre et auraient obtenu une réponse. « On nous a dit clairement que ça va être décanté dans un bref délai.

Parce que le dossier ne se traite pas au niveau du ministre de la Sécurité. Il est à un niveau où il appartient au gouvernement de décider en fonction de la législation existante. Plusieurs zones d'ombres ont été levées à ce niveau », a dit le SG de l'UNAPOL.

Revenant sur le déficit de communication qui est à la base d'« incompréhensions inutiles », il a expliqué que certains problèmes n'auraient pas été évoqués s'ils avaient eu des informations appropriées y relatives à temps.

L'ensemble des revendications qui ont suscité cette rencontre chez le chef du gouvernement, Armiyahi Zongo les résume ainsi : « L'intégralité des points, selon le gouvernement, peuvent être résolus.

Le problème se situe dans le délai. Certains peuvent être réglés plus rapidement que d'autres : par exemple, la situation des officiers de police nécessite encore un peu d'ajustement pour pouvoir être intégralement réglée. »

Plusieurs membres du gouvernement étaient présents à cette rencontre dirigée par le Premier ministre. On a noté la présence du ministre de la Sécurité et de celui de la Communication, Remis Dandjinou.

Le porte-parole du gouvernement a nourri l'espoir que l'UNAPOL mette en avant l'intérêt supérieur de la nation : « J'espère et j'ose croire que leur intérêt pour la sécurité nationale, leur sens du devoir nous permettront de ne pas avoir une crise à répétition ... »

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