Rwanda: «Notre-Dame du Nil», Atiq Rahimi raconte les racines du génocide au pays

Le génocide des Tutsis qui ensanglanta le Rwanda en 1994 n'est pas une tragédie spontanée. Les racines remontent au passé. « Notre-Dame du Nil », l'adaptation du roman de Scholastique Mukasonga par l'écrivain-cinéaste Atiq Rahmi, sort ce mercredi 5 février en France et revient sur un épisode moins connu : une épuration en 1973.

Pour adapter le roman de son amie rwandaise Scholastique Mukasonga, le romancier s'est rendu au Rwanda. Atiq Rahimi n'est pas africain, mais, né en Afghanistan, en 1962, il connait les déchirures de la guerre : « J'ai vécu les premières années de guerre en Afghanistan, j'ai perdu mon frère et je sais ce que c'est les blessures d'une guerre. Quand je suis allé au Rwanda, en effet, j'ai ressenti ça. »

Notre-Dame du Nil est une chronique située en 1973, dans un pensionnat catholique. La bonne société rwandaise y envoie ses jeunes filles. Mais il ne peut y avoir plus de dix pour cent d'élèves tutsies. Le film, comme le roman, montre la discrimination à l'œuvre. Et une épuration ethnique qui toucha cette année-là les intellectuels, plus de vingt ans avant le génocide.

Atiq Rahimi a tourné au Rwanda avec de jeunes actrices débutantes : « Je ne voulais pas avoir d'un côté les filles tutsies et d'un autre côté les filles hutues. Je veux uniquement des Rwandaises. »

L'écrivain filme l'abomination en marche. Ce tournage au Rwanda a d'ailleurs inspiré à l'écrivain cinéaste un livre, l'Invité du miroir, dans lequel on peut lire : « Il faut nommer l'horreur, sinon elle reviendra. »

► À écouter aussi : l'émission Vous m'en direz les nouvelles avec le réalisateur Atiq Rahimi et le comédien Pascal Greggory (comédien).

Plus de: RFI

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