Burkina Faso: Retard d'intégration des médecins - Les « blouses blanches » broient du noir

14 mois pour les uns, 11 pour les autres. C'est le temps passé sans salaires et sans prise de fonction par plus de 500 médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes recrutés en décembre 2018 et mars 2019.

Certains d'entre eux, selon leur porte-parole, Djakaridja Soulama, qui a coanimé une conférence de presse le 5 février 2020 à Ouagadougou, ont dû se reconvertir, comme ce médecin devenu grilleur de poulets dans un maquis par la force des choses. Les jeunes praticiens plongés dans la précarité invitent leurs autorités de tutelle à régulariser au plus vite leur situation.

500 « blouse blanches » seraient aujourd'hui en train de se tourner les pouces, leur dossier d'intégration étant bloqué dans les méandres de l'administration burkinabè. C'est le tableau clinique peu reluisant que dresse le comité de suivi de l'intégration et du mandatement des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes. Recrutés entre décembre 2018 et mars 2019 pour le compte du ministère de la Santé, ils n'ont toujours pas touché leur premier salaire à la date du 5 février 2020 selon Djakaridja Soulama, le porte-parole du comité. Au bord de l'asphyxie financière, s'ils ne sont pas déjà sous « respiration artificielle », ces disciples d'Hippocrate qui tirent le diable par la queue ont été obligés de se reconvertir.

Pour étayer son propos, Djakaridja Soulama a raconté, choqué, le cas de ce médecin (minimum 7 ans d'études universitaires, précise-t-il) qui, pendant les fêtes de fin d'année, a, dans un maquis aux alentours de son domicile à Ouagadougou, vendu du poulet grillé. « Comment un pays qui crie au manque de ressources humaines dans un secteur aussi sensible que celui de la santé peut-il laisser plus de 500 praticiens qualifiés dans la nature ? », se demande le médecin. Selon les dires de celui-ci, leurs incessantes démarches, suivies de piqûres de rappel auprès des autorités des ministères de la Santé et de la Fonction publique n'ont accouché de rien jusqu'à présent. Si ce n'est de multiples promesses jamais concrétisées et de cette réponse : « Le dossier est en cours de traitement ».

En attendant, c'est aussi, selon les conférenciers, leur carrière qui prend un coup avec ce retard. « Certains d'entre nous qui, en situation normale, auraient pu participer au concours professionnels en 2020 devraient attendre 2021 », ont-ils déclaré. Ils entendent ne pas croiser les bras et assister impuissants à la clochardisation de la profession. « Après cette conférence de presse, nous allons attendre la réaction des autorités. S'il n' y a rien, on va voir avec la base la conduite à tenir », a prévenu Djakaridja Soulama.

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