Sénégal: Prise en charge des maladies cardiovasculaires - Le grand bond en avant du pays

5 Février 2020

Le Sénégal a rattrapé son retard en matière de prise en charge des maladies cardio-vasculaires. L'information a été donnée par deux grands maîtres, le Pr Serigne Abdou Ba, cardiologue et le Pr Mohammadou Ndiaye, un spécialiste de la chirurgie cardiaque. A titre illustratif, l'ouverture d'une unité de coronarographie à l'Hôpital Aristide Le Dantec a permis au Sénégal de réaliser des économies de l'ordre de 07 milliards de francs Cfa sur les évacuations des malades vers l'étranger depuis 2015. En matière de chirurgie cardiaque, le Sénégal est dans le peloton de tête.

Hypertension artériellle, AVC... L'augmentation des budgets des centres spécialisés recommandée

Le Pr. Serigne Abdou Bâ a plaidé pour une augmentation des ressources financières destinées à la prise en charge des maladies cardiovasculaires, l'une des premières causes de mortalité dans nos pays. L'universitaire a animé, le vendredi dernier, une conférence portant sur le thème : «la cardiologie au Sénégal : état des lieux et perspectives».

L'Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts) organise, chaque dernier vendredi du mois, une séance académique. Pour le mois de janvier, la séance a été décentralisée à l'Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef) de Diamniadio, dans le département de Rufisque. Deux conférences ont été au menu de cette rencontre scientifique. La première avait pour thème : «la cardiologie au Sénégal : état des lieux et perspectives» et la deuxième a porté sur «évolution de l'offre de soins en chirurgie cardiaque au Sénégal». Ces conférences ont été animées par deux éminents professeurs et anciens chefs de service de cardiologie des hôpitaux Aristide Le Dantec et Fann. Il s'agit de Serigne Abdou Ba et de Mohammadou Ndiaye.

En introduisant, devant un parterre de scientifiques, son thème : «la cardiologie au Sénégal : état des lieux et perspectives», le Pr. Serigne Abdou Bâ, cardiologue, a listé les défis de la prise en charge des maladies cardiovasculaires dans notre pays. Parmi les facteurs de risque, l'universitaire a cité l'hypertension artérielle. A l'en croire, 29,8 % des Sénégalais adultes sont hypertendus. «C'est un gros problème parce que cette hypertension artérielle est souvent à l'origine d'accident vasculaire cérébral (Avc), d'insuffisance cardiaque et rénale avec, au bout, la dialyse», a-t-il averti. Face à une augmentation de la prévalence, le cardiologue a préconisé le renforcement de la prévention. «Le socle de la prise en charge reste la prévention. Nous devons lutter contre les facteurs de risque, le diabète, promouvoir des activités pouvant baisser la pression artérielle et le taux de cholestérol. Nous devons consommer moins de sel, de sucre et surtout faire des exercices physiques qui permettent de réduire les graisses», conseille le cardiologue. En plus de l'adoption des comportements à moindre risque, le Pr. Serigne Abdou Bâ a demandé aux dirigeants africains de mettre des ressources financières dans la recherche d'autant plus que les bailleurs financent la lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose. «Ce sont les gouvernements africains qui doivent prendre en charge ces maladies. Les populations n'ont pas de moyens pour se soigner dans les pays comme les nôtres», a constaté l'ancien chef du service de cardiologie de l'Hôpital Aristide Le Dantec.

Évacutions Sanitaires vers  l'étranger:une salle de coronarographie a permis au Sénégal d'économiser 7 milliards de FCfa

L'ouverture d'une salle de coronarographie à l'hôpital Aristide Le Dantec, en 2015, a permis au Sénégal d'économiser 7 milliards de FCfa sur les dépenses d'évacuation des malades vers le Maghreb et la France.L'information a été donnée par le Pr. Serigne Abdou Bâ, ancien chef du service de cardiologie de l'hôpital Aristide Le Dantec. «En France, une coronarographie et une angioplastie coûtent au minimum 5 millions de FCfa. Si vous avez 200 malades, cela revient à un milliard», a expliqué le Pr. Serigne Abdou Bâ.

Il a révélé que la mise en place de la salle de coronarographie à l'hôpital Aristide Le Dantec a rendu possible la prise en charge médicale de 1.500 malades en moins de 5 ans. «Si ces malades étaient évacués vers l'étranger, les dépenses tourneraient autour de 7 milliards de FCfa», a précisé Pr. Bâ. Les résultats obtenus aujourd'hui au Sénégal grâce à cette salle de coronarographie sont énormes. Le Sénégal compte 104 cardiologues, soit un spécialiste pour 490.000 habitants.

Professeur Mohammadou Ndiaye, chirurgien: «Le Sénégal a réalisé plus de chirurgies cardiaques que le Nigéria»

Le Sénégal figure à la première place des pays qui ont réalisé plus de chirurgies cardiaques. C'est ce que révèle le Pr. Mohammadou Ndiaye, un spécialiste de la chirurgie cardiaque.Le Sénégal a enregistré des progrès en chirurgie cardiaque. L'affirmation est du Professeur Mohammadou Ndiaye qui a animé une conférence sur «l'évolution de l'offre de soins en chirurgie cardiaque au Sénégal».Il a rappelé que dans les années 70 et 80, seuls les malades évacués vers des pays comme la France pouvaient bénéficier de ces actes chirurgicaux.

Les changements sont intervenus à partir des années 1990 avec le démarrage du programme de formation et de mise en place des infrastructures. «Cela a permis d'établir un programme de chirurgie cardiaque. Aujourd'hui, à l'hôpital de Fann, il y a un centre de chirurgie cardiaque et de cardiologie de haut niveau où il y a la possibilité d'opérer aussi bien des adultes que des enfants atteints de cardiopathies acquises et congénitales, c'est-à-dire des cardiopathies de naissance», a fait savoir Pr. Mohammadou Ndiaye.

Il a soutenu que le programme de chirurgie cardiaque de l'hôpital Fann est le plus important en Afrique sub-saharienne. «Nous opérons plus de malades que le Nigéria parce que nous avons des équipes très bien formées et une infrastructure qui a été mise à niveau et régulièrement entretenue», a-t-il expliqué. Grâce à ces équipements, le nombre de chirurgie à cœur ouvert ne fait qu'augmenter au Sénégal. «Pourtant, cette chirurgie a posé d'énormes problèmes au début parce qu'il s'agit d'arrêter le cœur, de réparer les lésions et de le faire redémarrer. Cette technologie a été un frein au développement de la chirurgie cardiaque. Nous étions très en retard en Afrique par rapport à cette technologie. Aujourd'hui, nous avons rattrapé le temps perdu», s'est félicité le spécialiste de la chirurgie cardiaque.

Il a informé que les interventions qui nécessitaient une évacuation à l'étranger ne le sont plus. «Nous recevons des malades sénégalais et ceux de la sous-région», a-t-il dit. Tout cela a été possible grâce au soutien des pouvoirs publics et à nos partenaires.

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