Congo-Kinshasa: Ciment - La Cinat appelle au secours

6 Février 2020

A l'instar du sucre, le ciment gris fait également l'objet d'une vive spéculation depuis des mois. En dépit de l'arrivée, dans le secteur, de la Cimko (Cimenterie Kongo), et l'offre n'est toujours pas à la hauteur de la demande.

La situation de pénurie est telle, face aux chantiers ouverts à Kinshasa comme en provinces dans le cadre du programme d'urgence des 100 jours du Chef de l'Etat concernant la réhabilitation et la modernisation des infrastructures de base, mais aussi à l'effervescence observée chez les privés dans le secteur du bâtiment, le gap ne peut être comblé que par les importations.

Pourtant, le pays possède des sites hébergeant du calcaire, la matière première de base servant à la fabrication du ciment, dans pratiquement toutes les provinces, même si la plus forte concertation se trouve au Kongo Central. A propos de cette province, il est bon de rappeler que la plus grande cimenterie de la République Démocratique du Congo, à savoir la Cinat (Cimenterie Nationale), implantée à Kimpese dans les années '80, dispose d'une capacité installée à même de couvrir largement les besoins du Kongo Central, de Kinshasa, de l'ex-Bandundu et d'autres parties du pays.

Réduite à l'inactivité au milieu des années 2000, à la suite d'un conflit d'intérêt entre des dignitaires de l'ancien pouvoir et l'ancien ministre des Mines, Eugène Diomi Ndongala, qui avait préfinancé une commande de l'ordre de 3 millions de dollars américains pour lui permettre de reprendre sa production, la Cinat n'a plus sorti un seul sac de ciment de ses usines. Sur un ordre venu de nulle part, il était interdit à son comité de gestion, de livrer la commande destinée à Eugène Diomi, alors que cet appui financier était largement suffisant pour remettre cette cimenterie à flots et se constituer un fonds de roulement sur la durée.

Il s'est avéré, après réflexion, que des officines privées avaient planifiées la « mort de la Cinat, pour créer un vide dans le secteur, dans laquelle elles se sont empressées de s'engouffrer pour opérer, plus tard, presqu'en situation de monopole.

Au fil du temps, cette entreprise d'économie mixte est confrontée non seulement à l'amortissement de son outil de travail, mais aussi aux dettes sociales et à celles contractées vis-à-vis de sa clientèle, pour des commandes non exécutées, en dehors de celle d'Eugène Diomi, qui représentait le gros lot.

A en croire certains expertes ainsi que des opérateurs du secteur de la cimenterie, tout n'est pas perdu pour la Cinat. Si le gouvernement congolais peut lui aménager une ligne de crédits d'investissements pour la réhabilitation de certaines machines frappées par l'usure du temps et la relance de la production, cette société d'économie mixte peut renaître de ses cendres, à l'image de l'ex-Onatra, de la Gécamines, de la Miba, de la SNCC, de la SCPT (ex-OCPT), de Transco, etc.

La Cinat représente, aux yeux des connaisseurs, une grande partie de la solution à la pénurie et à la surenchère qui frappent le marché du ciment ces dernières années. Contrairement aux mauvaises langues qui ne veulent pas de sa « résurrection », elle est loin d'être un éléphant blanc, car opérant dans un secteur hautement porteur en termes de rentabilité. Kimp

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