Congo-Kinshasa: Le développement du pays conditionné par celui de l'agriculture

En collaboration avec l'Ambassade des Pays-Bas, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'agriculture (FAO), ONU femmes a organisé jeudi 6 février 2020, dans le grand chapiteau du Collège Boboto, à Gombe, la 15ème édition du Café Genre.

C'était autour du thème «Renforcer la Production agricole et la résilience de la population pour le développement et la stabilité de la RDC». L'invité des Pays-Bas, le Professeur Louise Fresco qui est en visite à Kinshasa, a profité de l'occasion pour lancer un appel de partenariats pour un meilleur rendement de l'agriculture en RDC.

Partant, en effet, de son expertise en technologie alimentaire, elle a proposé le partenariat financier et technologique entre les privés, le gouvernement, les paysans et les partenaires au développement dans le secteur de l'agriculture notamment, pour la vulgarisation et les recherches.

"Il n'y a pas un pays dans le monde qui a pu se développer de façon équitable et durable sans avoir développé son agriculture et son alimentation. L'agriculture, à travers l'alimentation, est la clef pour la santé et pour le développement. L'agriculture au Congo commence avec les femmes", a dit Mme Louise O. Fresco.

Le professeur a également signalé le fait qu'il y a un sérieux problème de gouvernance En RDC. D'où, "on ne peut pas bouger sans que la politique ne bouge".

Cependant, a-t-elle souligné, il ne faut pas attendre que tout soit mis en œuvre, mais se mettre déjà au travail avec des initiatives locales.

Il est également important, a relevé le professeur, d'augmenter le rendement pour les paysans afin qu'ils s'approvisionnent plus facilement en produits locaux, plutôt que de bloquer le commerce internationale comme certains le suggèrent. "Sans l'agriculture, il n'y a pas d'alimentation saine", a-t-elle fait savoir.

Renforcer les partenariats

Pour le professeur Fresco, les partenariats aideront la République Démocratique du Congo à augmenter la production des récoltes. Compte tenu du potentiel qu'elle regorge en termes de ressources naturelles, même sans appui de la volonté politique, seules les initiatives des paysannes, particulièrement les femmes, et des partenaires feront en sorte que l'agriculture aille de l'avant dans ce pays. "Les femmes rurales ont besoin d'être appuyées sur le plan financier, avoir des partenaires, en leur donnant des crédits. Et sur le plan technologique, les paysannes ont besoin des engrais et des semences améliorées pour augmenter la production", a-t-elle expliqué.

A cet effet, le Professeur Louise Fresco a lancé un appel aux jeunes de se sentir fier d'être des entrepreneurs agricoles. "Je suis convaincue que les jeunes ne veulent pas rester en milieu rural pour continuer à travailler à la houe. Il faut moderniser, il faut des entrepreneurs, il faut donner la possibilité aux jeunes d'être fier... ".

La représentante de l'ONU Femmes en RDC, Awa Seck, a relevé les problèmes de sécurisation de l'accès à la terre, à l'information et la technologie, mais aussi au marché et à la chaine de valeur.

De ce 15ème café ressortent plusieurs recommandations des panelistes mais aussi des participants. Il s'agit d'insister sur le travail de sensibilisation pour qu'il y ait une meilleure gouvernance villageoise et un changement dans la qualité au niveau communautaire, mettre l'accent sur la question des infrastructures pour assurer l'évacuation des produits agricoles et organiser une rencontre avec les entreprises, dans le cadre des responsabilités sociales de l'entreprise, pour voir comment soutenir les organisations des femmes.

Problème de structuration

Aristide Ongone, le Représentant-pays de la FAO, est revenu sur la situation sociale inquiétante qui caractérise ce pays. Et selon lui, cela n'est pas seulement due aux guerres à répétition, aux conflits ethniques ou au changement climatique. Parce que si ces préoccupations sont réglées, dit-il, le problème de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition persistera.

En fait, selon lui, le véritable problème est celui de la structuration, de la gouvernance. "Il faut que la femme joue efficacement son rôle. Il faut lui donner la place qu'il faut à la base. C'est la clé pour que le reste se fasse... il y aura un effet boule de neige", a-t-il laissé entendre.

Pour cela, il est important de travailler sur certaines habitudes communautaires. Raison pour laquelle, il a lancé un message aux autorités coutumières.

Aussi, a-t-il martelé sur l'éducation à la base de l'enfant par la mère, qui est souvent la source d'une certaine désorientation.

Les participants, via les autorités représentées, ont fait appel au gouvernement de s'y mettre pour la modernisation et l'augmentation de la production dans le secteur agricole. Représentant le gouvernement central, la Vice-Premier ministre en charge du Plan, Elysée Munembwe, a placé son mot sur la problématique des infrastructures de la communication dont la RDC fait face. Sur ce, des mesures essentiels sont prises pour désengorger l'Afrique centrale pour arriver à vendre ce qui est produit sur le sol congolais et ne pas subir le commerce des autres.

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