Madagascar: Exploitation illicite de produits forestiers - Ludovic Raveloson, dit Leva, remis en liberté

Condamné à cinq ans d'emprisonnement ferme, Ludovic Raveloson a bénéficié d'une liberté provisoire. La décision aurait été rendue par la Cour d'appel de Toliara, mercredi.

Rebondissement. L'information a circulé depuis hier, en début de soirée. Le député Ludovic Raveloson, élu dans le district de Mahabo, serait sorti de prison. Une information confirmée par des sources judiciaires. Celui qui est surnommé Leva « a bénéficié d'une mise en liberté provisoire ».

Selon les explications, la décision d'accorder la liberté provisoire à Ludovic Raveloson aurait été rendue par la Cour d'appel de Toliara, mercredi. La libération de l'élu de Mahabo, n'aurait pas pris longtemps, tout comme sa décision de quitter la région Menabe.

« Selon les renseignements, le député Leva a quitté Morondava juste après sa libération. Il a été aperçu à Miandrivazo en milieu de la nuit et à Antananarivo aujourd'hui », rapporte une des sources judiciaires.

Personnalité visiblement, influente dans la région Menabe et disposant d'une surface financière conséquente, Ludovic Raveloson a déjà été député de Mahabo durant la précédente législature. Il a été happé par une tourmente judiciaire en avril et mai 2019.

Une période où son mandat à l'Assemblée nationale était déjà terminé donc, durant laquelle il ne pouvait plus prétendre à une immunité parlementaire. Il était, toutefois, candidat aux législatives du 27 mai 2019.

La procédure judiciaire engagée contre Ludovic Raveloson a débouché sur sa condamnation à cinq ans de prison ferme, par le tribunal de première instance de Morondava. Il a été reconnu coupable d'abus de fonction, exploitation illicite et transport illicite de produit forestier. Des actes qui ont infligé de sérieux dégâts à l'aire protégée d'Antanimena-Menabe. En parallèle, il a été accusé de complicité dans le cadre d'une affaire d'homicide.

Exigence parlementaire

Dans ce dossier, il bénéficiera d'une première mise en liberté provisoire. « Effectivement, le député Leva est impliqué dans deux dossiers. Il a bénéficié d'une mise en liberté provisoire dans l'accusation de complicité d'homicide. Maintenant, qu'il jouit d'une nouvelle liberté provisoire suite à la décision de la Cour d'appel de Toliara, il n'y a plus aucun motif pour le maintenir en détention », explique une des sources contactées.

Dès les premiers épisodes de sa tourmente judiciaire, Ludovic Raveloson a joué des pieds et des mains pour s'en dépêtrer, multipliant les demandes de mise en liberté provisoire. Entre-temps, il a été à nouveau élu député de Mahabo alors qu'il était en détention et sa condamnation à cinq ans de prison ferme a été prononcée en pleine campagne électorale.

Ce sont alors, ses « supporters », dans son district et dans la région Menabe qui ont milité pour sa libération.

Des députés ont pris le relais en « exigeant », sa libération en pleine séance plénière de l'Assemblée nationale. Elle a même adopté la résolution de la commission spéciale relative à l'immunité parlementaire, requérant la libération du député de Mahabo.

Une requête récusée par Jacques Randrianasolo, ancien ministre de la Justice. L'ancien garde des Sceaux s'est toujours opposé en martelant le principe de la séparation des pouvoirs et l'indépendance de la Justice.

La décision de la Chambre basse, par ailleurs, a attisé l'ire de la société civile qui pestait contre « les manœuvres corporatistes de plusieurs députés tentant de soustraire Ludovic Raveloson à la justice ». Pour des raisons encore floues, par ailleurs, le député de Mahabo condamné à de la prison ferme, a déjà bénéficié d'un statut de main d'œuvre pénal l'ayant permis de sortir de prison, alors que la procédure réclamant sa libération était en cours à l'institution de Tsimbazaza.

Ce statut lui a été immédiatement retiré lorsque le sujet a été publié dans la presse et il a tout de suite été replacé en détention ferme. Après quelques tentatives, Ludovic Raveloson est donc parvenu à convaincre la Cour d'appel de Toliara de lui accorder la liberté provisoire, en attendant de juge le fond de cette affaire, sur laquelle les phares de l'opinion publique sont braquées.

Plus de: L'Express de Madagascar

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