Centrafrique: Faustin Archange Touadéra appelle à plus de fermeté contre les groupes armés

Lors d'une cérémonie commémorant le premier anniversaire de la signature de l'accord de paix de Khartoum le 6 janvier, le président centrafricain a appelé les garants internationaux à être plus fermes contre les groupes armés qui ne respectent pas les engagements de l'accord de paix de Khartoum signé il y a un an.

« Un an après, force est de constater que la période d'observation est dépassée. Est venu le moment de la fermeté pour que l'accord soit respecté », a déclaré jeudi le chef de l'Etat. Des représentants des quatorze groupes armés signataires de l'accord avec l'Etat étaient présents jeudi à la cérémonie à l'exception du Front patriotique pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), récemment impliqué dans des combats meurtriers à Bria, dans le sud-est. En revanche, le leader de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), Ali Darassa, avait fait le déplacement, alors qu'il ne s'était pas rendu à la signature de l'accord de paix.

Le président Touadéra a appelé l'Union africaine et la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), garantes de l'accord, à « clarifier » l'article 35 du texte qui prévoit des sanctions en cas de violations. A ce jour, la nature de ces sanctions n'a toujours pas été précisément définie. « Divers groupes armés continuent de commettre de graves exactions contre les civils, notamment des homicides et des violences sexuelles », a déploré l'Amnesty international dans un communiqué.

Devant la presse, Faustin Archange Touadéra a néanmoins dressé le bilan des avancées permises par cet accord, contesté par l'opposition et une partie de la société civile, qui n'a pas encore permis de ramener la paix dans ce pays ravagé par trois guerres civiles en moins de vingt ans. Probable candidat à sa réélection en décembre 2020, le président de la République a notamment mentionné « l'embellie économique », avec une croissance de 4,8% dans le pays en 2019 selon la Banque mondiale, et le retour « massif » des déplacés réfugiés dans les pays voisins. La Centrafrique est ravagée par la guerre civile depuis qu'une coalition de groupes armés a renversé le président François Bozizé en 2013. Depuis la signature, le 6 février 2019 de l'accord de Khartoum, les violences ont diminué mais les deux tiers du territoire échappent toujours au pouvoir central.

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