Sénégal: Cérémonie de présentation des actes du colloque international «50 ans après Vatican II (1962 - 1965) - La dimension de rassembleur d'Alioune Diop mis en exergue

10 Février 2020

Les actes du colloque international «50 ans après Vatican II (1962-1965). L'Afrique et l'héritage d'Alioune Diop : le dialogue des religions et les défis du temps présent», tenu à Dakar, 26 - 29 janvier 2016 ont été présentés ce samedi 8 février. Lors de cette rencontre, plusieurs personnalités ont pris la parole pour saluer le travail important accompli par Alioune Diop.

Le Comité scientifique du colloque international «50 ans après Vatican II (1962 - 1965). L'Afrique et l'héritage d'Alioune Diop : le dialogue des religions et les défis du temps présent», tenu à Dakar, 26-29 janvier 2016 a procédé ce samedi 8 février à la présentation des actes de ce colloque.

Tenue dans un hôtel de la place, cette cérémonie de présentation a enregistré la présence de plusieurs autorités de l'Église dont Monseigneur Michaël W. Banach, Nonce apostolique, l'ancien Archevêque de Dakar, Théodore Adrien Cardinal Sarr et son successeur, monseigneur Benjamin Ndiaye.

À leurs côtés, il y'avait aussi des autorités politiques et des universitaires parmi lesquelles, on peut citer entre autres, le doyen Abdoulaye Elimane Kane, Professeur de philosophie à l'UCAD et ancien Ministre de la Culture, sa collègue professeur d'histoire, Penda Mbow, ministre conseiller à la présidence de la République, Khalifa Ababacar Sall, ancien maire de Dakar, Mme Marie-Aïda Diop Wane, fille d'Alioune Diop, venue représenter la maison d'édition «Présence africaine» fondé par Alioune Diop et éditeur cet ouvrage.

Lors de cette présentation, plusieurs personnalités ont pris la parole pour saluer la publication de ces actes.

En effet, fort de 732 pages, articulées sur trois thèmes dont le premier porte sur «L'Afrique et l'Église avant Vatican II», le deuxième «Le Concile Vatican II, Alioune Diop et l'Église en africaine» et le troisième sur «Vatican II, le dialogue des religions et les défis du temps présent», cet ouvrage met en exergue le travail important accompli par Alioune Diop pour la prise en compte de la voie de l'Afrique dans les travaux du Concile Vatican II.

Travail qui a consisté à organiser avant le concile une rencontre d'échange entre intellectuels africains (catholiques et non catholiques), laïcs et prêtres afin de recueillir leurs recommandations par rapport à ce concile.

Premier à prendre la parole, Monseigneur Benjamin NDIAYE, Archevêque de Dakar a souligné que, Alioune Diop est un «homme très enraciné dans sa culture, qui a compris l'enjeu que représente d'avoir son assise culturelle bienfondé en même temps pour s'ouvrir au reste du monde». Il a ainsi prôné «des débats de fond qui nous permettent de saisir le sens et la direction dans laquelle, nous voulons aller».

«Alioune Diop a toujours était aux contacts des hommes et, il a su susciter la réflexion et la recherche auprès de tous ses interlocuteurs. On lui a donné le sobriquet de «Socrate», ce grand philosophe partisan de ce qu'on appelle la maïeutique, l'art de faire accoucher les autres».

«Je pense qu'au Sénégal, des hommes de cette envergure mériteraient d'être connus pour que peut-être nous élevions un peu plus le débat dans notre société», a-t-il indiqué.

Abondant dans la direction, Monseigneur, Michaël W. BANACH, Nonce Apostolique (ambassadeur du Vatican au Sénégal) a déclaré au sujet de la publication des actes du colloque international de Dakar que cette initiative est «très important pour le Vatican et pour l'Église universelle».

«Alioune Diop est comme un artiste, un homme de Dieu, il a laissé un magistère sur les civilisations, la fraternité, la religion. Dans mon discours j'ai parlé de lui en disant qu'il était un homme de réconciliation, d'inculturation et aussi homme d'action.

Toutes ces qualités constituent des défis pour nous tous. Maintenant, nous avons écouté beaucoup de parole très, très belles, c'est à nous de mettre des actes derrière ces paroles».

Confortant cette idée du représentant de Sa Sainteté, le Pape François au Sénégal, le doyen Abdoulaye Elimane Kane, Professeur de philosophie à l'UCAD et ancien Ministre de la Culture déclare au sujet de la pensée d'Alioune Diop qu'elle a la particularité, d'«inviter à la reconnaissance et à la pratique du pluralisme».

Ainsi ajoute-t-il, «si, en matière politique, religieuse, sociale, nous pratiquons le pluralisme, cela veut dire que nous pratiquons le respect des croyances, des opinions des autres». Mais aussi que ce respect n'empêche pas de se rencontrer et de partager les valeurs communes. Les valeurs de la République par exemple».

Poursuivant, le doyen Abdoulaye Elimane Kane qui a préfacé ces actes a indiqué que le message d'Alioune Diop est plus que jamais d'actualité si nous voulons un monde de paix, réduire la violence.

«Alioune Diop a été un homme politique, il a été sénateur, il a travaillé dans l'administration, il connait bien les difficultés de la vie sociale, les difficultés de la gestion de la cité comme on dit mais il a bien raison et son message fondamental est plus que jamais d'actualité si nous voulons un monde de paix, réduire la violence, la réciprocité dans la manière de traiter les gens.

Quand les musulmans sont minoritaires dans un pays catholique ou les catholiques sont minoritaires dans un pays musulman, si nous voulons être traités de manière digne, il faut l'ouverture, le pluralisme, le respect de l'opinion de l'autre», a appelé notamment l'ancien Ministre de la Culture.

«Je crois que c'est ça le message fondamental de Alioune Diop et ça se voit dans les deux lettres qu'il a adressé avant la tenue du Concile Vatican 2 : l'une aux intellectuels africains catholiques et l'autre aux intellectuels africains non catholiques.

Cela montre bien que nos sociétés fonctionnent à la fois sur la base de la croyance de chacun mais aussi on peut parfaitement s'entendre sur ce qu'il faut faire ensemble sans évoquer ou s'appuyer forcément des croyances.

Tout ce qui peut diviser doit être évité mais tout ce qui peut rassembler dans la société y compris en y injectant les croyances propres ou en recourant à autre chose qui ne soit pas simplement la croyance, c'est ça le message fondamental de Alioune Diop qu'il faut s'inspirer».

Pour sa part, le professeur Aloyse-Raymond Ndiaye, ancien Doyen de la Faculté des lettres et Sciences humaines et président du comité scientifique ce colloque a indiqué la publication de ces actes répond à un souci de «mettre à la disposition des gens qui réfléchissent un outil qui leur permettra de s'informer et de se former en même temps pour résister à tout ce qui peut contrarier une consistance pacifique entre les religions et qui nous entraîne dans l'obscurantisme».

Poursuivant, le président du Comité scientifique ajoute : «Trop de gens parlent de la religion mais ne savent pas de quoi, ils parlent et entrainent d'autres dans des comportements qui ne sont pas religieux, qui ne sont pas en conformité avec leur foi. Vous ne pouvez pas lutter contre le terrorisme si vous ne réfléchissez pas.

Si le terrorisme gagne du terrain, aujourd'hui, c'est parce qu'il y'a beaucoup de gens qui sont ignorants. Ils ne connaissent pas et ils se laissent manipuler. Par conséquent, il est important que de temps en temps, les gens s'arrêtent et réfléchissent, s'ils ont des lacunes en matière de religion, il faut qu'ils s'informent et s'éduquent».

Plus de: Sud Quotidien

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