Burkina Faso: Ministère de la Défense - Huis clos de Chériff avec une délégation américaine

Ce lundi 10 février 2020, le ministre de la Défense, Moumina Chériff Sy, a reçu en audience une délégation américaine conduite par l'ambassadeur Andrew Young. Cette rencontre, qui s'est déroulé à huis clos, a duré une quarantaine de minutes. Les journalistes qui attendaient n'ont rien eu à se mettre sous la dent, car rien n'a filtré à l'issue de cette audience.

Si dans ce contexte sécuritaire difficile du Sahel, la France renforce sa présence en effectif et moyens logistiques, cela n'est pas le cas pour le pays de l'Oncle Sam, qui veut réduire ses moyens consacrés à la guerre contre le terrorisme au Sahel.

L'on se rappelle que Florence Parly, la ministre des Armées française, s'était rendue le 27 janvier à Washington pour tenter de convaincre les Américains de rester dans le Sahel sans pour autant avoir une réponse claire de Washington.

Pour Paris, le retrait des Américains est un scénario catastrophe pour les pays du Sahel, tant leur présence est quasi indispensable pour remporter une victoire sur cette vermine avec notamment leurs bases au Niger où les drones font un travail remarquable

Depuis cette annonce, les inquiétudes de l'Hexagone et de ses partenaires sahéliens ne se sont jamais estompées. Même si de cette rencontre entre le ministre de la Défense du Burkina Faso et la délégation américaine rien n'a filtré, on présume qu'elle était consacrée à la présence de l'armée américaine au Sahel.

L'annonce de Washington fragilise cet effort déployé par les Européens pour la région, car l'armée américaine déploie en Afrique quelque 7 000 soldats des forces spéciales qui mènent des opérations conjointes avec les armées nationales.

En outre, 2000 soldats de l'armée de terre mènent des missions de formation et participent à des opérations de coopération, notamment avec l'opération Barkhane au Mali, auxquelles ils fournissent une assistance principalement logistique. Vu l'intérêt du sujet, plusieurs médias nationaux avaient accouru.

Au bout d'une quarantaine de minutes de pied de grue, la moisson fut infructueuse : d'abord ce sont les Américains qui se retiennent de tout commentaire, ensuite, c'est au tour du ministre de la Défense d'esquiver les questions des médias.

Le suspense reste donc entier. Partira, partira pas ? Seuls les jours à venir nous situeront. Pour le moins que l'on sait, selon plusieurs spécialistes de la question, le retrait des Américains portera un coup dur à la lutte contre le terrorisme.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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