Guinée Bissau: Règlement du litige électoral - La CEDEAO sera-t-elle entendue par la Cour suprême?

Photo d'illustration
10 Février 2020

Six jours, c'est le délai donné par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à la Cour suprême bissau-guinéenne, pour trancher définitivement le litige électoral qui oppose le vainqueur du scrutin du 29 décembre, Umaro Sissoco Embalo et le candidat malheureux, Domingos Simões Pereira (DSP).

Sous d'autres cieux, on se serait offusqué d'une telle demande qui s'apparente à un ultimatum donné à une institution judiciaire censée être indépendante. Mais dans un pays dont l'histoire est écrite en lettres de sang, l'on ne saurait en vouloir à la CEDEAO de vouloir jouer les gendarmes.

Ce d'autant plus que le candidat du PAIGC donne l'impression de jouer les mauvais perdants. En effet, bien que les procès-verbaux régionaux aient été vérifiés selon les injonctions de la Cour suprême et que la victoire de Embalo ait été à nouveau confirmée, DSP continue de ruer dans les brancards.

En effet, pas plus tard que la semaine dernière, il a introduit un nouveau recours auprès de la Cour suprême, lui demandant d'annuler les élections du 29 décembre dernier. C'est dire si la Guinée-Bissau n'est pas à l'abri d'une nouvelle crise.

C'est pourquoi l'action de la CEDEAO qui soutient ce petit pays aux gros problèmes, est plutôt à encourager qu'à condamner. Car, comme nous l'enseigne l'adage, « mieux vaut prévenir que guérir ».

Et ce n'est secret pour personne que la Guinée- Bissau n'est pas un pays stable. Il suffit d'une petite étincelle pour que se produise une grosse déflagration. Cela dit, la CEDEAO sera-t-elle entendue par la Cour suprême ? On attend de voir.

Embalo et Pereira devraient privilégier l'intérêt supérieur de la Nation

En tout cas, il n'y a pas de raison de douter de la capacité de la Cour suprême bissau-guinéenne, à rendre son verdict dans un bref délai d'autant plus qu'elle s'est, jusque-là, montrée indépendante à travers sa dernière décision portant sur la vérification des procès-verbaux régionaux.

Une décision qui aura, du reste, étonné plus d'un observateur de la scène politique bissau-guinéenne. Et il faut souhaiter qu'elle reste jalouse de son indépendance jusqu'au bout car, de sa décision, dépendra la paix en Guinée-Bissau.

Elle n'a pas droit à l'erreur. Car, cette présidentielle est censée asseoir les bases d'un Etat de droit en Guinée-Bissau et ce serait donc un gâchis que les vieux démons se réveillent. Cela dit, au-delà de la Cour suprême, tous les acteurs politiques bissau-guinéens sont interpellés à jouer leur partition.

Ce faisant, la CEDEAO qui semble avoir fait la moitié du chemin, doit continuer à peser de tout son poids pour éviter que ce pays que d'aucuns n'hésitent pas à qualifier de narco-Etat, ne bascule dans la violence.

En tout cas, tout le mal que l'on peut souhaiter à la Guinée- Bissau qui semble danser sur un volcan, c'est de réussir cette transition démocratique dans la douceur. Et pour ce faire, les deux hommes, Embalo et Pereira, devraient privilégier l'intérêt supérieur de la Nation.

Ce d'autant plus qu'ils seront obligés de partager le pouvoir en cas de confirmation de la victoire de Embalo, puisque le PAIGC qui a la majorité parlementaire, sera, pour sa part, appelé à désigner le Premier ministre du futur gouvernement bissau-guinéen.

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