Congo-Kinshasa: Lutte contre les ADF en RDC - Un désastre humanitaire, selon la société civile de Beni

De 300 à 400 personnes ont tués lors de massacres attribués à ces rebelles, et que l'administration qualifient d'actes de représailles, ce qui a poussé plus de 200 000 personnes à fuir leurs villages. Fin octobre 2019, les FARDC lançaient une grande offensive contre les présumés rebelles ADF qui écument cette région du Nord-Kivu.

Le scénario est toujours le même, selon la société civile de Beni. À chaque massacre perpétrés par des présumés ADF, toute la population des environs s'enfuit terrorisée et va chercher refuge dans les villes la région : Beni, Oïcha et jusqu'à Butembo.

Et ce mouvement de déplacement de populations s'est étendu comme une trainée de poudre, au rythme de ces massacres. RFI a contacté Me Omar Kavota, une des figures de la société civile de Beni, alors qu'il se trouvait dans la localité de Mangina, peuplée habituellement de près de 100 000 habitants selon lui. Elle s'est vidée de sa population après le massacre à la machette de huit personnes il y a quatre jours.

« En regardant ça et là, je vois à peine cinq civils à une distance de plus de 500 mètres. Et ça c'est un désastre. Les portes sont fermées, les officines pharmaceutique, les marchés sont fermés. La vie n'est plus là. »

La société civile Beni estime qu'ils sont aujourd'hui plus de 200 000 à avoir fui leurs villages dans le secteur. Dans la ville de Beni, certains sont hébergés par des membres de leur famille ou des amis, mais la majorité dort à la belle étoile. « Le désastre qu'il y a ici doit s'arrêter, et cela doit constituer une priorité de l'autorité gouvernementale. »

Me Omar Kavota appelle le gouvernement congolais et la communauté internationale à leur venir en aide rapidement. Surtout, il presse le pouvoir de rétablir la sécurité dans les plus brefs délais pour éviter le pire, dit-il.

■ Dans la cité de Kasumbalesa (RDC), la police est-elle mêlée à l'insécurité?

Les habitants, qui pointent du doigt les policiers et les militaires dans l'insécurité récurrente, ont opté pour le déménagement. Ils sont désormais nombreux qui cherchent à se mettre à l'abri de l'autre côté de la frontière, en Zambie. Pour rassurer la population, désormais des volontaires civils vont, à partir de ce soir, participer à des patrouilles sécuritaires, aux côtés des militaires et policiers. Une expérience nouvelle dans le pays.

Une dizaine de domiciles visités de nuit par des hommes en uniforme, un adulte assassiné, des sommes d'argent et des objets de valeur emportés en milieu de semaine dernière... La population de Kasumbalesa vit dans l'insécurité quotidienne, explique Clément Mitonga, président du cadre de concertation de la société civile. Devant l'intensification des attaques des maisons, explique-t-il, plusieurs habitants ont décidé de passer la nuit du côté zambien pour ne revenir que le matin.

D'autres ont tout simplement choisi de déménager de l'autre côté de la frontière, à Chililabombwé et à Customs. Pour la population, pas de doute, ce sont les hommes en uniforme, policiers et militaires, qui sont impliqués dans ces actes de banditisme.

Des accusations impossibles à prouver, réfute le colonel Papy Bondo. Pour ce chef local de la police, deux présumés agents de l'ordre figurent effectivement parmi les personnes arrêtées, mais ce sont, affirme-t-il, des civils qui avaient subtilisé des tenues dans un poste de police saccagé. « Des collabos », explique un habitant de Kasumbalesa parlant de civils qui sont utilisés par la police pour des présumées tâches ingrates.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.