Burkina Faso: Elections 2020 - La révision des listes électorales est lancée

11 Février 2020

Après s'être déployée à l'extérieur du Burkina Faso, la CENI a lancé l'opération de révision des listes électorales à l'interne. Le moment est donc venu pour les Burkinabè âgés de 18 ans et plus, de décider de leur avenir en s'inscrivant sur les listes électorales sur l'ensemble du territoire national.

Ce cérémonial très important aux yeux des parties prenantes, a été ponctué par des discours, prestation d'artistes et une démonstration pratique de l'enrôlement biométrique par le Premier ministre qui a officiellement remis la première carte électorale au chef de canton de Dédougou.

Le choix de Dédougou pour le lancement officiel de la révision des listes électorales biométrique au plan national n'est pas anodin. En effet, dénommée "Le grenier du pays des Hommes intègres", cette commune compte 10,3 % de la population du Burkina.

L'enrôlement biométrique qui débute ce 10 février et qui s'étendra sur 10 jours sur l'ensemble du territoire burkinabè, est un énorme défi selon Newton Ahmed Barry, président CENI. Il s'agit en somme de «trouver et enrôler 4,5 millions de nouveaux électeurs.»

Pour atteindre ses objectifs, la CENI entend accorder de petites subventions à plus d'une centaine d'Organisations de la société civile pour aider à sensibiliser pendant toute la période de l'enrôlement.

Aussi, la CENI souhaite une prorogation du délai d'enrôlement, ceci pour permettre aux Burkinabè qui auront 18 ans en 2021, de pouvoir participer aux élections municipales.

"Parce que si un décret n'est pas pris dans ce sens et que les élections municipales sont maintenues à bonne date comme c'est le souhait du dialogue politique, environ 150.000 nouveaux majeurs pourraient être exclus.

Hors, la CENI a fait de l'enrôlement de cette année, celui des 18 ans et des femmes. Aidez-nous à relever ce défi", a plaidé Newton Ahmed Barry.

Une plaidoirie qui semble ne pas tomber dans des oreilles de sourd. Le PM tout en invitant les populations à la mobilisation pour faire de cette opération une véritable réussite, a indiqué que "les élections n'ont pas de prix, mais ça a un coût et le gouvernement s'est engagé à trouver les ressources, avec l'appui de ses partenaires techniques et financiers, pour financer cette opération qui est extrêmement importante pour la consolidation de la démocratie dans notre pays.»

L'Opposition politique représentée par Amadou Diemtouda Dicko, tout en reconnaissant que la CENI a emprunté la voie légale que confère la Constitution du Burkina pour l'organisation des élections, estime que le faible taux de participation des Burkinabè de l'extérieur (environs 20.000 personnes enrôlées sur les 2.000.000) suscite des inquiétudes.

"Comment est-on arrivé à ce résultat?", s'interroge le CFOP. "Nous interpellons la CENI à reprendre ou à poursuivre l'enrôlement des Burkinabè de l'extérieur, afin d'assurer leur participation entière aux prochaines consultations nationales", a ajouté M. Dicko pour qui, le dialogue politique ne doit pas se transformer feu de paille ou en poutre aux yeux.

La majorité présidentielle quant à elle, que le gouvernement actuel travaille et fait avancer le pays sous toutes les formes de développement.

Pour elle, autant la question de développement concerne tous, la question électorale concerne tous les Burkinabè. Elle invite donc l'ensemble de ses militants et sympathisants, à participer massivement à cette opération et de réserver un accueil favorable aux agents recenseurs.

Le Conseil national des OSC du Burkina estime pour sa part que la mobilisation "Un citoyen pour une voix sur tout le territoire du Burkina et à l'extérieur" sera la mise en garde à ceux qui pense qu'en terrorisant, ils peuvent créer une autre nation que celle du Burkina.

Rappelons que pour l'enrôlement, chaque citoyen doit présenter sa Carte nationale d'identité burkinabè (CNIB) ou son passeport en cours de validité.

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