Afrique du Sud: Nelson Mandela a été libéré il y a trente ans

11 Février 2020

Le 11 février 1990, Nelson Mandela était libéré de prison, après 27 années passées derrière les barreaux. Trente ans après la fin de l'apartheid, la déception est grande au sein de la communauté noire d'Afrique du Sud.

"Je tiens à dire clairement que le gouvernement a pris la ferme décision de libérer M. Mandela sans condition".

A la surprise générale, le 2 février 1990, Frederik Willem de Klerk, alors président d'Afrique du Sud, annonce la libération prochaine du dirigeant nationaliste noir, Nelson Mandela, condamné en 1964 à la réclusion à perpétuité.

De Klerk annonce également la légalisation du Congrès national africain (ANC) interdit depuis trente ans.

Des annonces qui, si elles ont choqué et mis en colère une partie du pays, ont en revanche réjoui de nombreux Sud-Africains.

Pallo Jordan faisait partie à l'époque de la centaine de combattants de l'ANC exilés au Zimbabwe. Il raconte comment il a pu entendre la joie qui a saisi ses compatriotes de retour chez eux après le discours de De Klerk.

"A Johannesburg, des amis ont accroché le téléphone à la fenêtre, en me disant d'écouter les gens dans la rue. Il y avait des cris de joie et des acclamations. Nous savions donc que l'accueil des gens à l'intérieur du pays serait tout à fait exceptionnel".

Après sa libération et son élection à la tête du pays en 1994, Nelson Mandela a fait une tournée à l'étranger pour remercier tous ceux qui avaient aidé l'Afrique du Sud à se libérer de l'apartheid. "Jamais ! Jamais ! Et plus jamais cette belle terre ne connaîtra l'oppression des uns par les autres", avait-il déclaré.

Xénophobie

En 2020, l'économie de beaucoup de pays africains se porte mal, et l'Afrique du Sud est devenue un eldorado pour de nombreux Africains.

Cependant, des migrants venus faire fortune dans le pays font régulièrement face à des attaques xénophobes. Des Sud-Africains les accusent de leur voler leur emploi. Le gouvernement a toujours nié qu'il s'agissait d'actes de xénophobie.

"Ce que nous disons, c'est que même si ce sont 10 personnes qui attaquent et que la cible est un groupe spécifique de non nationaux, alors cela devrait être considéré comme de la xénophobie et des mesures devraient être prises. L'accent devrait être mis sur la manière de protéger les individus et de garantir qu'il n'y ait pas de récidive", soutient pour sa part le militant des droits de l'Homme Dewa Mavhinga, chercheur et directeur de la section sud-africaine de l'ONG Human Rights Watch.

"Il n'y a pas de Mozambique ici ! Il n'y a pas de Swaziland ici ! Il n'y a pas de Lesotho ici ! Il n'y a pas de Botswana ici, de Zambie ou de Namibie ! Il n'y a pas de Zimbabwe. Il y a l'Afrique, le continent de nos ancêtres", renchérit quant à lui, Julius Malema, président du parti des Combattants pour la liberté économique.

Libéré le 11 février 1990, élu président en 1994, Nelson Mandela n'accomplit qu'un seul mandat. Il se retire du pouvoir en 1999. Et meurt le 13 décembre 2013, à l'âge de 95 ans.

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