Burkina Faso: Fédération burkinabé de cyclisme - De fortes odeurs de rackets

11 Février 2020

Alors qu'on pensait que le bateau FBC (Fédération burkinabè de cyclisme) voguait en toute tranquillité, voilà qu'une affaire de « racket » impliquant l'un de ses dirigeants, surgit.

Au cœur de ce scandale, se trouve trempé l'un des vice-présidents du commandant Yasmanégré Sawadogo, à qui il est reproché d'avoir usé de sa position au sein de cette structure fédérale pour se faire du blé lors de la dernière édition du Tour du Faso (du 25 octobre au 3 novembre 2019). Mahamadou Ouédraogo dit Bakala, pour ne pas le nommer, se dit victime d'une cabale. Il n'aurait rien à se reprocher.

Entretenue en sourdine depuis un bon bout de temps, l'affaire commence à faire grand bruit dans le monde du cyclisme burkinabè.

Il s'agit de cet énorme scandale dans lequel serait impliqué, soutiennent des sources bien introduites dans le milieu de la Petite reine, l'un des vice-présidents de la fédération dirigée par le président Yasmanégré Sawadogo, notamment Mahamadou Ouédraogo dit Bakala. En effet, de lourds soupçons de racket pèseraient sur ce vice-président depuis la fin de la 32e édition du Tour du Faso.

A en croire notre confère Sidwaya Sport dans sa rubrique lettre du sportif, le forfait mis en cause semble avoir été planifié, puisqu'il serait, semble-t-il, l'instigateur de la revendication des primes exprimées par les coureurs avant le début du Tour.

Selon certaines sources qui auraient confirmé les faits, la remise de la « rançon » se serait passée dans un célèbre maquis situé non loin du grand rond-point de la Patte d'Oie.

Si lors du Tour du Faso 2018, le montant qui aurait servi à « récompenser » le même accusé était plus ou moins laissé à l'entière discrétion des coureurs et du staff technique, cette année (Tour 2019), il semble qu'un montant fixe aurait été imposé à chaque sélectionné.

Toute chose qui, de toute évidence, n'était pas du goût de tout le monde. Depuis lors, les langues ont commencé à se délier dans le milieu, faisant état de nombreux comportements répréhensibles.

Pour certains observateurs avisés de l'actualité sportive dans notre pays, ce scandale ne peut surprendre quand on se souvient de la bataille rangée atour des primes, à quelques jours du début de la compétition.

Pour eux, ces pratiques ne datent pas de maintenant. « Nous sommes coutumiers de ce genre de situation à telle enseigne que personne n'y fait plus attention. Des soupçons de racket et de trafic d'influence ont pesé sur plusieurs dirigeants. Même le bureau sortant n'y a pas échappé », laissent-ils entendre sans coup férir.

Des accusations que réfutent catégoriquement Alassane D. Ouangraoua, président du RCK et ancien président de la Fédération burkinabè de cyclisme. « Je n'ai jamais pris un seul sou avec un coureur durant tout le temps que j'ai passé à la tête de la Fédération burkinabè de cyclisme.

Si cela a existé avec les autres, sachez que sous mon règne, ces pratiques ne pouvaient pas prospérer parce que je ne connais pas ça. Sans fausse modestie, j'ai contribué à installer des gens à la tête de cette fédération.

Aujourd'hui, que ceux-ci et bien d'autres de leur mouvance ne me vouent aucun respect n'est pas un problème, mais je n'admettrai pas qu'on me salisse. J'ai servi avec honneur et loyauté mon pays et je ne regrette pas de l'avoir fait, encore moins d'être parti », peste-t-il avant de s'indigner que plus de trois mois après le bruissement de ce scandale, la Fédération burkinabè de cyclisme ne soit pas en mesure de situer clairement les responsabilités.

« C'est à elle de nous dire si ce qui s'écrit dans les journaux et se raconte par-ci et par-là est fondé ou non. Si cela s'avère, il va de soi que tous ceux qui ont été mêlés de près ou de loin à ce scandale devraient rembourser l'argent qu'ils ont pris aux athlètes.

Ensuite, des sanctions doivent être prises à leur encontre pour servir d'exemple. Après tout cela, poursuit le président Ouangraoua, il appartiendra à l'équipe fédérale de tirer toutes les conséquences de la gestion de cette crise pour l'honneur du sport ».

« Je ne suis pas surpris »

Au cœur de la polémique, le mis en cause qui n'est autre que Mahamadou Ouédraogo dit Bakala, n'a pas caché son amertume face à cette situation. « Je ne suis pas surpris. J'avais eu écho, moi-même, de ce genre de rumeurs mais je ne leur ai pas accordé d'importance, vu que je ne me reprochais rien.

Ce sont mes détracteurs qui, depuis leurs officines, colportent ces rumeurs sur mon compte. Tout simplement parce que je refuse de participer à leur funeste projet de déstabilisation de l'actuelle équipe dirigeante qui, à mon humble avis, fait du bon travail. Les élections, c'est pour bientôt. Que tous ceux qui manifestent le désir de briguer le poste de Yasmanégré Sawadogo fassent acte de candidature ».

Réagissant aux accusations selon lesquelles il serait l'instigateur de la revendication des primes exprimées par les coureurs avant le Tour, Bakala n'a pas porté de gants pour tancer ses adversaires . « Je ne suis mêlé ni de près ni de loin à cela.

Les coureurs ont simplement exprimé une doléance au ministre des sports. Ils voulaient que leur prime de sélection qui, habituellement, est de 500 000 F CFA, soit un tout petit peu revue à la hausse.

C'est tout. Il n'a jamais été question de chantage ici. Mais comme je l'imaginais, mes détracteurs, dans leur campagne de diabolisation aveugle, veulent se servir de cela pour m'accabler. Mais qu'ils sachent que cela fait 12 ans que je suis dans le cyclisme. Et tout au long de mon parcours, j'en ai vu des vertes et des pas mûres.

Il ne s'agit là que de manigances qui ne peuvent m'empêcher d'avancer » a-t-il indiqué. Face à cette révélation qui éclabousse son équipe, nous avons sollicité une rencontre avec le président Yasmanegré Sawadogo, le vendredi 7 février 2020, pour avoir sa version des faits. Malheureusement, celui-ci nous a laissé entendre qu'il est en déplacement. « En début de semaine prochaine, on coordonnera.

Ce week-end, je suis au village », nous a-t-il dit. Quoi qu'il en soit, cette affaire qualifiée de rumeur et presque banalisée par Bakala n'en demeure pas moins grave, tant elle écorche l'image de la Petite reine nationale et principalement celle d'une équipe dirigée par un officier de l'armée burkinabè.

Le commandant Yasmanegré devrait sortir de son mutisme pour couper court à cette odeur pestilentielle qui pollue l'atmosphère du cyclisme depuis un certain temps. Cela aura le mérite de rétablir l'honneur d'un homme, accusé, selon lui, à tort. Cela aura surtout le mérite de débusquer la graine infecte de pseudo dirigeants ou supporters, visiblement passés maîtres dans l'art de la délation.

En attendant, la rumeur persiste et reste entières car, selon diverses sources, une collecte d'argent aurait bel et bien eu lieu, aussi bien auprès des coureurs que du staff technique des Etalons. Si cela se confirme, il convient de se demander à quoi répond cette collecte et qui en est l'initiateur.

La rumeur aurait-elle accablé Bakala par mépris ? Si oui, lequel des vice-présidents aurait alors perçu l'argent collecté ? Si personne n'en a bénéficié, où est donc passée cette somme ? Si rien de tel ne s'est passé, quelle peut bien être la source de ce mépris ?

Voilà autant d'interrogations auxquelles le président Yasmanegré Sawadogo devrait se faire le devoir d'apporter des éclaircissements, au risque de se faire passer pour le complice d'un acte condamnable ou, au mieux, d'assister, en silence coupable, à l'atteinte à l'honneur de l'un de ses plus proches collaborateurs.

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