Congo-Kinshasa: Après avoir longtemps boudé le Nouveau Code Minier - Glencore enfin de retour au pays

11 Février 2020

La firme Glencore est de retour en République Démocratique du Congo, après avoir mené, pendant plus d'une année, la fronde contre le Nouveau Code Minier, au motif que celui-ci était suicidaire pour les activités minières. Liant l'acte à la parole, après avoir tenté vainement de faire chanter les nouveaux hommes au pouvoir, qui ne faisaient qu'appliquer un texte leur légué par leurs prédécesseurs, dans le strict respect des intérêts de la République, elle avait suspendu sa production de cobalt, du cuivre et d'autres minerais, sous prétexte qu'elle ne pouvait pas travailler à perte.

Curieusement, à partir de sa « base » de Suisse, elle vient d'annoncer la reprise de l'exploitation du cobalt, sur fond de continuité de son partenariat avec Samsung SDI. On apprend qu'elle a négocié un bail de cinq ans, soit de 2020 à 2024, pour la fourniture à sa partenaire d'un total de 21.000 tonnes de cobalt.

Selon son responsable de marketing du cuivre et du cobalt, « cela illustre également le rôle important de Glencore dans la fourniture des matériaux qui permettent la transition énergétique et de mobilité et l'engagement de Glencore pour une production responsable ».

C'est le lieu de souligner que la pomme de discorde entre le gouvernement congolais et les multinationales détentrices des concessions minières à travers le pays, se situait au niveau du réajustement des taux des royalties à reverser au Trésor public congolais en contrepartie des recettes de ventes des produits miniers qu'elles tiraient du sol et du sous-sol congolais. La révision à la hausse des taux, consacrés par le Nouveau Code Minier, était présentée comme la mise à mort des sociétés minières présentes sur le territoire congolais. D'où la décision de Glencore de plier bagages, dans l'espoir d'entrainer d'autres firmes.

Mais, à la surprise de tous, d'autres firmes minières ont préféré rester en territoire congolais, estimant que le Nouveau Code Minier venait au contraire de clarifier leurs relations d'affaires avec le gouvernement congolais.

En revenant en catastrophe en RDC, Glencore vient de donner la preuve que les investissements dans le secteur minier est hautement porteur de prospérité pour les mining. Par conséquent, l'Etat congolais était en droit d'exiger la justice rétribution de ses droits de propriétaire de son patrimoine minier.

Pour les initiés, la face cachée du retrait momentané de Glencore su secteur minier congolais, était en réalité l'échec de leur poulain de «Lamuka» à la présidentielle du 30 décembre 2018. Rappelons que c'est cette firme qui avait planifié et financé la messe noire de Genève ayant abouti à la parodie d'élection du candidat commun de l'Opposition sans en avoir clairement défini les critères.

En se retirant des concessions minières qu'elle exploite en RDC, Glencore a cru porter un coup fatal au nouveau pouvoir piloté par Félix Antoine Tshisekedi. S'étant sans doute rendu compte que le ciel n'est pas tombé sur le nouveau régime congolais, et qu'au contraire celui-ci avait le vent en poupe sur les plans tant interne, africain qu'international, elle s'est resaisie pour ne pas perdre les gros intérêts que représentent le cobalt, le cuivre et autres richesses minières congolaises. Kimp

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