Cameroun: Élections - Faible participation des zones anglophones, selon HRW

Human Rights Watch
Une maison du village d’Abuh (région du Nord-Ouest), au Cameroun, qui a été incendiée par les forces de sécurité le 19 novembre 2018. (archive)

Au Cameroun, les électeurs des régions anglophones n'ont pas pu voter dans la paix et la sécurité. C'est ce qu'affirme Human Rights Watch, dans un rapport publié ce mercredi, trois jours après les élections législatives et municipales de dimanche dernier.

L'organisation évoque de nombreuses exactions dans les régions anglophones, pendant la période qui a précédé le double scrutin du 9 février.

Une centaine de personnes ont été enlevées par les séparatistes pendant cette période. Des électeurs ont été menacés, et des biens, incendiés selon Human Rights Watch qui note que les forces de sécurité camerounaises ont été déployées en nombre, mais que celles-ci se livrent trop souvent à des exactions, et qu'elles ont recours à la force de façon indiscriminée.

Des dizaines de civils tués

Entre le mois de novembre et la tenue du scrutin, l'organisation estime que plusieurs dizaines de civils ont été tués dans des affrontements entre séparatistes armés et forces gouvernementales, ou entre factions séparatistes rivales. Il est toutefois difficile de donner un chiffre précis, en l'absence d'un mécanisme officiel de surveillance, que l'ONG appelle à mettre en place.

Les chiffres de la participation au double scrutin de dimanche n'ont pas encore été publiés. Mais pour Ilaria Allegrozzi, chercheuse sur l'Afrique centrale pour Human Rights Watch, elle risque d'être peu élevée : « Les incidents qui ont précédé les élections ont contribué à décourager les électeurs. Nous étions en contact avec nos sources d'information sur le terrain dans le nord-ouest et dans le sud-ouest. Ils nous ont dit que les rues étaient vides, les bureaux de vote déserts. Donc, la participation semble avoir été particulièrement faible. »

L'organisation a également recensé des incidents le jour du vote, dont des échanges de tirs dans plusieurs villes et villages. Elle précise qu'il est encore trop tôt, pour en faire le bilan précis.

Il faudra attendra les statistiques officielles sur le taux de participation mais d'après nos observations sur le terrain, la participation à ce double scrutin a été assez faible surtout dans les régions anglophones, ce qui serait (raccord) avec le taux de participation de la présidentielle en 2018

Ilaria Allegrozzi, chercheuse sur l'Afrique centrale pour Human Rights Watch: «Nous avons documenté de nombreux cas de violences perpétrées par les groupes séparatistes mais aussi par les forces de sécurité»

Plus de: RFI

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