Burkina Faso: Election présidentielle de 2020 - L'opposition peaufine une stratégie

12 Février 2020

Face à la presse, les conférenciers se sont insurgés contre la présence d'un parterre de ministres à l'occasion des cérémonies de lancement de bitumage des routes.

L'opposition politique était une fois de plus, face à la presse, le mardi 11 février 2020 à Ouagadougou. La dégradation de la situation sécuritaire, les élections de novembre 2020 et la maladie à coronavirus ont été les principaux points abordés avec les hommes de médias.

La dégradation de la situation sécuritaire est devenue le principal sujet à l'ordre du jour de l'hebdomadaire point de presse de l'opposition politique. Face à la presse hier, mardi 11 février, Yumali Lompo du Parti national des démocrates sociaux (PNDS) et Alphonse Marie Ouédraogo de l'Union pour la renaissance démocratique- Mouvement sankariste (URD-MS) se sont inquiétés de l'ampleur que prennent les attaques terroristes qui ont désormais pour cibles les populations civiles.

«L'opposition politique note avec une grande désolation que les attaques de marchés et de lieux de culte, de même que les tueries de masse sont devenues le mode opératoire des ennemis du Burkina Faso », a déclaré M. Lompo, principal animateur du point de presse.

Pour lui, le problème ne vient pas des Forces de défense et de sécurité (FDS) mais du manque de vision et de leadership du gouvernement qui « n'a plus le contrôle de la situation ».

Il a donc invité les autorités à faire appel à toutes les compétences nationales et aux amis « sincères » du Burkina Faso, capables de l'aider à sortir de cette situation aux conséquences désastreuses.

« Plus de 2 300 écoles sont fermées à ce jour. Environ 325 000 élèves ne partent plus à l'école et 10 000 enseignants sont au chômage technique tandis que 10 ont perdu la vie », a-t-il déploré, faisant référence aux chiffres fournis récemment par le ministère de l'Education nationale, de l'Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales et celui des Burkinabè de l'extérieur.

Loin de douter du professionnalisme des FDS, M. Lompo a tout de même estimé que la victoire contre le terrorisme passe par l'anticipation et une meilleure réactivité, car le plus souvent, des alertes sont données et des ultimatums lancés aux populations avant les massacres.

En outre, les élections couplées de novembre se sont invitées aux échanges avec les journalistes. Sur cette question, les conférenciers se sont dit confiants quant à la victoire de l'opposition qui est en train de peaufiner une nouvelle stratégie pour remporter les élections.

Tout en refusant de donner des détails sur cette stratégie, M. Lompo a juste indiqué qu'il s'agit d'un accord politique entre les différents partis qui va permettre « certainement » à l'opposition d'accéder au pouvoir.

« Le rapport de force est désormais de notre côté et la marche vers le changement est irréversible », a-t-il déclaré, estimant que le président Roch Marc Christian Kaboré est disqualifié aux yeux des Burkinabè pour diriger encore le pays « à cause de sa gestion calamiteuse ».

« Le MPP a intérêt à changer de candidat car Roch Kaboré sera éliminé au premier tour », a-t-il clamé. L'enrôlement biométrique ayant été lancé le 10 février 2020, le président du PNDS a invité l'ensemble des Burkinabè qui ont 18 ans au moins à s'inscrire sur le fichier électoral afin de pouvoir voter le 22 novembre 2020.

Actualité internationale oblige, l'opposition politique a exprimé sa compassion et sa solidarité au peuple chinois, confronté depuis quelques temps, à l'épidémie de coronavirus.

Elle a salué les mesures préventives déjà prises par les autorités burkinabè pour éviter l'apparition de la maladie au « pays des Hommes intègres ».

Elle a néanmoins invité le personnel de santé à tout mettre en œuvre pour que le virus n'arrive pas au Burkina Faso car « le pays souffre déjà de plusieurs maux ».

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