Angola: Le Portugal bloque les comptes bancaires d'Isabel dos Santos

Luanda — La Justice portugaise a gelé les comptes de la femme d'affaires angolaise Isabel dos Santos, selon des informations publiées mardi par le journal Expresso de ce pays européen, qui cite des sources du secteur bancaire portugais.

Selon les informations du journal Expresso, les comptes bancaires gelés appartiennent au Millennium BCP.

Le blocage des comptes au Portugal, ajoute le journal, est étendu aux institutions bancaires portugaises où ils existent. Cela se produit à un moment où la vente de certaines des participations d'Isabel dos Santos dans des sociétés portugaises est en cours.

A cet effet, PGR de l'Angola (Bureau du Procureur Général de la République) a confirmé au Journal Economique que la demande de gel des comptes personnels et des entreprises d'Isabel dos Santos avait été «officialisée» dans une lettre rogatoire envoyée le 23 janvier, après une réunion entre les procureurs généraux des deux pays. .Cette mesure s'inscrit dans le cadre de la confiscation des avoirs de la femme d'affaires, accusée d'avoir lésé l'État angolais de plus d'un milliard d'euros.

En Angola, la femme d'affaires fait l'objet d'une enquête pour suspicion de mauvaise gestion et d'évasion fiscale dans l'affaire liée à la société publique Sonangol (Société nationale de Carburants d'Angola, E.P), où elle a occupé le poste de présidente du Conseil d'administration. En août 2018, le Bureau du Procureur Général de la République (PGR) a réaffirmé avoir avisé Isabel dos Santos de lui fournir des éclaircissements sur sa gestion, en tant que présidente du Conseil d'administration de la Sonangol, une entreprise qui a perçu la même année des revenus estimés à 17 700 millions de dollars. La gestionnaire serait entendue dans le cadre d'une enquête ouverte par le PGR, le 2 mars 2018, pour enquêter sur les plaintes de "transfert" de plus de 38 millions de dollars, prétendument orientée par elle, après avoir été limogée de son poste.

Dans un communiqué, Isabel dos Santos, quelques jours plus tard, a nié les accusations et les a considérées comme "non fondées", se disant "à l'aise" avec l'enquête ouverte par le PGR.

Saisie d'actifs en Angola En décembre dernier, le Tribunal provincial de Luanda a ordonné la saisie préventive des biens d'Isabelle dos Santos, de Sindika Dokolo, son mari, et de Mário Filipe Moreira Leite da Silva, ancien président du Conseil d'administration de la Banque de Développement d'Angola ( BFA). L'ordonnance de décision est le résultat d'une demande de mesures de prudence introduite par l'État angolais, à la suite d'un procès en cours sollicitant le paiement de 1 136 996 825,56 USD (un milliard cent trente-six millions neuf cents et quatre-vingt-seize mille huit cent vingt-cinq dollars et cinquante-six centimes). Luanda Leaks Bien qu'il ne s'agisse pas encore d'une affaire judiciaire, le nom d'Isabel dos Santos revient aux médias internationaux, cette fois, via "Luanda Leaks".

Il s'agit d'un ensemble d'enquêtes liées à l'activité commerciale d'Isabel dos Santos, qui compte plus de 400 entreprises et filiales dans 41 pays, dont Malte, Maurice et Hong Kong.L'enquête a été menée par un consortium international de journalistes d'investigation (ICIJ), auquel ont participé des professionnels de 36 médias.

Le PGR angolais confirme qu'il a demandé au Portugal de geler les comptes de la femme d'affaires, dans le cadre de demandes de coopération liées à «Luanda Leaks», dont l'enquête internationale a révélé plus de 715 000 dossiers, détaillant les plans financiers d'Isabel dos Santos et son mari, Sindika Dokolo.

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