Tunisie: Sport et politique - L'Etat, cette notion sacrée !

12 Février 2020

L'intervention politique est un concept flou. Mais le Cnot et les fédérations sportives ne sont pas des sphères déconnectées de l'Etat. Sinon, qu'ils partent opérer à l'étranger.

Si cette liberté qu'on a obtenue à partir du 14 janvier a profité à tout le monde, elle aura été surtout bénéfique à ces dirigeants sportifs tunisiens qui en ont bien profité pour grimper dans l'échelle et pour, au bout de quelques années, devenir au top des institutions sportives. Ces mêmes dirigeants, qui avant le 14 janvier, servaient outrageusement le régime et qui fonctionnaient à coups de téléphone et d'instructions, sont aujourd'hui (et avec arrogance) supérieurs et plus forts que l'Etat. La dernière polémique autour de la participation de la sélection de tennis à la «Fed Cup» et d'autres anecdotes montrent bien que le gouvernement, organe représentant l'Etat sur la base des élections, ainsi que la présidence de la République n'ont plus aucun droit de regard sur les structures sportives tunisiennes.

On ne veut pas une intervention politique suspicieuse et une orientation des choix, chose «interdite» par les instances internationales. Mais en même temps, cette arrogance et ce laisser-aller, qui permettent à chaque président de fédération de faire ce qu'il veut, sont aussi condamnés. Du Cnot à toutes les fédérations sportives, il y a un minimum de respect et de coordination. Sinon, ces structures ne seront plus des organismes publics et feraient bien de financer de leurs deniers toutes leurs activités et de ne plus demander le concours financier de l'Etat.

Qui a financé la rallonge budgétaire de 2 millions de dinars pour la préparation olympique ? N'est-ce pas le gouvernement qui a injecté l'argent du contribuable. Dans ce cas, cette intervention est «bonne» à l'image de toutes les fédérations financées dans la majorité des cas par le ministère des Sports. On ne parle pas d'ingérence dans ce cas, mais quand il s'agit de donner un compte-rendu, de coordonner (comme c'est le cas de la Fed Cup où jouer l'Etat hébreu n'est pas une simple décision sportive), d'expliquer ou de contrôler, ces institutions sportives nous sortent, sans avoir froid aux yeux, l'histoire (le cliché) de l'autonomie et de la séparation politique-sport.

A la longue, Cela devient frustrant, car on a l'impression que ces structures sportives sont déconnectées de l'Etat. Alors qu'en réalité, elles «vivent» sur le sort tunisien, leurs locaux qu'elles appartiennent au domaine public, profitent des services publics (la sécurité, l'éclairage, les télécoms), elles embauchent des Tunisiens et des Tunisiennes et font partie de l'Etat en tant qu'organisme public. Qu'ils le veuillent ou non, les dirigeants ne peuvent pas décider de tout sans consulter pour des décisions particulières.

Sinon, s'ils continuent d'échapper à cette hiérarchie et qu'ils réclament leur «indépendance», qu'ils partent dans un autre pays, ou qu'ils ne profitent pas du moindre service public. Il y a une si considérable différence entre le respect de l'Etat et «l'interventionnisme» politique qui nuit à l'image de marque du sport à l'international.Faisons bien la part des choses, les deux sujets sont distincts. Sinon, c'est la cacophonie et l'anarchie qui vont perdurer au vu et au su de tout le monde !

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