Sud-Soudan: Trois ex-enfants soldats racontent leur nouvelle vie

12 Février 2020

Les Nations unies attirent l'attention sur l'implication des enfants dans les conflits. Certains parviennent à fuir les groupes armés pour commencer une nouvelle vie loin des armes.

Peter a dix ans lorsqu'il est contraint de quitter sa famille suite aux violences dans le Soudan du Sud. "J'avais peur d'être abattu, alors je me suis enfui", raconte-t-il.

Mais il est recueilli par une milice où il apprend à charger un fusil et à tirer. Deux ans après avoir combattu au sein de ce groupe, Peter s'enfuit de nouveau pour se retrouver cette fois en Ouganda où il peut retourner à l'école. "J'étais heureux quand je suis arrivé en Ouganda. J'ai vu des écoles et des hôpitaux, j'étais excité et je me suis dit que c'était un endroit où l'on pouvait au moins étudier et obtenir des médicaments quand on est malade", se souvient-il.

Peter mène sa vie loin des combats maintenant grâce à l'ONG Save The Children.

Dans un communiqué publié lundi (10.02.20), le Fonds des nations unies pour l'enfance (Unicef) explique avoir identifié 900 enfants au Soudan du Sud devant être libérés des groupes armés.

Victimes

Selon l'Unicef, 300.000 enfants dans le monde participent à des conflits armés dans le monde. L'Organisation indique, par exemple, qu'au Niger et au Burkina Faso, des enfants sont victimes "d'enlèvement, de meurtre, de recrutement et d'utilisation par des groupes armés". Mais ces deux pays ne sont pas les seuls concernés. Certains enfants parviennent tout de même, après quelques temps au sein de ces groupes armés, à se donner une nouvelle orientation dans leur vie.

Lorsque les enfants soldats parviennent à fuir les milices, ils sont récupérés par diverses organisations qui les aident à retrouver une vie normale. Des enfants apprennent la boxe au "Club de l'Amitié", fondé par un ancien enfant soldat à Goma, dans l'Est de la République démocratique du Congo. Après que les groupes armés ont tué ses parents, Morgan Mwamba, lui aussi un ancien enfant soldat, a trouvé dans ce club une manière de rompre avec son passé :

"Le Club de l'amitié est pour nous comme une famille. L'expérience que j'ai eue en étant enfant soldat, l'expérience d'être un criminel, de tuer les gens, violer, ce ne sont pas de bonnes expériences pour ma vie."

Décennie meurtrière

Save The Children a pu aider également Yves Ndagano à quitter la vie d'enfant soldat. Il s'était retrouvé dès l'âge de 11 ans dans un groupe rebelle dans lequel il y avait 200 autres enfants âgés de 9 à 14 ans.

Il a eu la chance d'intégrer un centre qui accueille des enfants soldats. L'ancien enfant soldat compte bien raconter son histoire à sa progéniture :

"J'ai commencé le théâtre, la musique. Mon passé prépare maintenant le futur. J'aurai des enfants aussi. Je veux bien leur expliquer que j'ai travaillé dans les mines, que j'ai été un enfant soldat."

En 2018, 30% des membres des groupes armés dans l'est de la RDC étaient des enfants mineurs, selon l'Unicef.

Pourtant le protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant interdit la participation d'enfants de moins de 18 ans à des conflits.

L'organisation onusienne ajoute que l'année 2019 a été la fin d'une "décennie meurtrière" pour les enfants en zone de conflit.

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