Burkina Faso: Representations diplomatiques burkinabé à l'etranger - Le SAMAE contre les affectations de policiers

13 Février 2020

Le Syndicat autonome des agents du ministère des Affaires étrangères et de la coopération (SAMAE) était face à la presse hier 12 février 2020, à Ouagadougou. Objectif : prendre l'opinion nationale à témoin et exhorter les autorités à surseoir au processus visant, à terme, à affecter une centaine de policiers dans des ambassades et consulats généraux burkinabè à l'étranger.

Le SAMAE condamne toute « liquidation programmée » du corps de la diplomatie par les autorités. Face à la presse, hier 12 février, le syndicat est monté au créneau pour exhorter le gouvernement à surseoir au processus visant à affecter des policiers dans des ambassades et consulats généraux du Burkina à l'étranger, dans le but de sécuriser ces locaux.

« Pendant que le SAMAE est à la tâche en vue d'aider le gouvernement à disposer d'un référentiel solide, conforme aux standards internationaux... , le gouvernement, comme pris d'amnésie, se permet de servir l'affectation dans les représentations diplomatiques comme offrande à des corporations d'agents publics, n'ayant pas vocation à animer l'appareil diplomatique.

Sans indexer leurs compétences professionnelles, encore moins le droit légitime de tout agent public à s'épanouir dans sa profession, le SAMAE ne peut qu'être indigné de la mise à disposition du ministère des Affaires étrangères et de la coopération, de 30 fonctionnaires de police, soi-disant destinés à la sécurisation des locaux du département », a martelé le secrétaire général du SAMAE, Bruno Laonta Kambiré.

Selon lui, il ne fait aucun doute qu'il s'agit ni plus ni moins que « d'une manœuvre visant à affecter des agents dont la présence ne répond à aucune nécessité » dans nos ambassades et consulats généraux.

« Pire, ces 30 policiers ne seraient qu'une première vague qui doit conduire à l'affectation d'une centaine de policiers dans les représentations diplomatiques et consulaires, selon des sources concordantes », a déclaré le SG. Selon lui, la sécurisation des représentations diplomatiques et consulaires incombe à l'Etat accréditaire.

Partant de ce fait, a-t-il relevé, toute affectation d'agents de police burkinabè à cette tâche pourrait être considérée comme une remise en cause de la compétence et de la capacité de cet Etat à sécuriser nos enclaves diplomatiques.

« Toute chose qui pourrait ternir la qualité des relations entretenues avec ces pays amis. Pis, cette démarche hasardeuse des autorités en charge de la diplomatie expose plus nos chancelleries », a soutenu le SG.

Le SAMAE exige « l'arrêt sans condition de ces mises à disposition »

Pour les conférenciers, c'est à ne rien comprendre de cette démarche du gouvernement qui, pendant qu'il fait appel à des volontaires pour venir en aide aux Forces de défense et de sécurité durement éprouvées, dans ce contexte sécuritaire difficile, procède à des affectations du genre.

« La situation sécuritaire de nos représentations diplomatiques et consulaires serait-elle aussi critique qu'elle mérite plus d'attention que celle du pays ? », s'interrogent les conférenciers pour qui ces affectations, en plus, constituent des charges supplémentaires pour le pays.

A leur avis, tout ceci n'est que « l'expression du manque de considération vis-à-vis du travail des diplomates et une volonté inavouée de spolier le milieu diplomatique en expropriant les diplomates de leurs prérogatives au profit d'autres acteurs acquis à leurs causes ».

Au regard donc de tout ce qui précède, le syndicat a condamné « l'infantilisation des diplomates burkinabè ainsi que le mépris sans pareil de leur métier » par les autorités, condamné les « nominations fantaisistes dans les représentations diplomatiques et consulaires, orchestrées par le ministre Alpha Barry et ses partisans », exigé « l'arrêt sans condition de ces mises à disposition sauvages et injustifiées », exigé « le rappel des policiers et du personnel non essentiel affectés dans les missions diplomatiques et consulaires ».

Aussi a-t-il demandé « la tenue sans délai des états généraux de la diplomatie burkinabè ». A en croire le syndicat, la conférence de presse n'est que le début d'une alerte pour attirer l'attention du gouvernement sur le fait « que la bonne marche, le climat apaisé au sein de la maison, sont entre leurs mains ».

« Nous ne serons qu'à l'image de ce qu'ils prendront comme décisions. Ces manœuvres n'ont pas commencé aujourd'hui... et si l'esprit est de toujours perdurer dans l'erreur, le SAMAE se réserve le droit de faire recours à tous les moyens légaux à sa disposition, pour faire barrage à cette forfaiture », ont-ils mis en garde.

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