Congo-Kinshasa: Faim, faits ou fin ?

Alors qu'on attendait de la coalition, la remise de la RD. Congo sur orbite, la plupart de ses lieutenants ont choisi, plutôt, de s'arc-bouter. Nichés derrière des prétextes de toutes sortes, ils usent du pouvoir en leur possession, pour clochardiser le peuple congolais.

Misère, pauvreté, souffrances, maladies et, surtout, la mort à vaste échelle riment avec une véritable descente aux enfers. Désormais, professeurs, magistrats, médecins, étudiants, fonctionnaires et agents sont logés à la même enseigne. Ils ont comme dénominateur commun : la faim. Si bien que des faits, tels qu'enregistrés ces derniers temps, illustrent combien ce marasme socio-économique contagieux a atteint son paroxysme en infectant toutes les catégories sociales.

Hier encore, les étudiants de l'Université, alors qu'ils pensaient que la date du 24 février prochain leur permettrait de reprendre le chemin de leur alma mater, voici que le collectif des Syndicats de l'Esu a déclenché, à son tour, la grève. David Lubo, annonciateur de cette nouvelle, dit ainsi mettre le gouvernement devant l'obligation de répondre, comme il se doit, aux revendications des professeurs. Dans la même journée d'hier, au Ministère de la Justice, Tunda ya Kasende, était, quant à lui, avec les syndicats des magistrats pour examiner les principales articulations de leurs préoccupations à l'origine de la grève amorcée, depuis ce lundi 10 février 2020. Les médecins, eux aussi, attendent et s'impatientent.

L'effet boule de neige, longtemps craint, est donc bien là. De grève en grèves, sans compter des marches, manifestations des motocyclistes, sit-in des diplomates, des pressions combinées des petits commerçants, acculés au grand marché de Kinshasa, le décor planté sent le roussi. Maints analystes, au vu de cette situation somme toute désastreuse, estiment que dans un tel climat, le passage attendu de Félix Tshisekedi au stade de martyrs, le 15 février 2020, serait de nature à mettre du feu aux poudres.

L'auteur des mots qui provoquent les maux risque encore d'allonger sa liste, avec toutes les conséquences qui peuvent s'en suivre. Dans ce stade bourré de combattants, sans compter des éventuels infiltrés aux yeux bandés, il suffirait, pour lui, de revenir sur : "déboulonner le système dictatorial, le bic rouge, dissolution ou encore, balkanisation ou banyamulenge", pour qu'il attise les fibres sensationnelles des critiques acerbes de la part de l'autre camp, des alliés du FCC. La suite est connue. Ce serait, peut-être, le début de la fin des équilibres fragiles de cette coalition aux horizons devenus, au fil de jours, sombres.

A cela, l'affaire des sauts-de-mouton, ponctuée d'audits et d'autres informations judiciaires ouvertes, ne manquerait pas d'endiabler les relations UNC-UDPS, FCC-CACH ou, alors, Kamerhe-Tshisekedi devant des foules surexcitées réclamant, par exemple, la tête d'un tel ou d'un tel autre.

Que de gros risques et des étincelles en l'air ! Rien ne rassure guère, quant à la tenue d'un meeting au stade de martyrs sur fond d'une embellie.

A moins qu'à cette occasion, Félix Tshisekedi et les cadres de l'Udps recourent à la langue de bois sur un certain nombre de dossiers, pourtant, brûlants.

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