Afrique: Les Banques Centrales interpelées sur leur rôle face à l'impact du Coronavirus sur l'économie

Première réunion ordinaire du bureau de l’Association des banques centrales africaines (Abca), Dakar le 13 février 2020 au siège de la BCEAO
13 Février 2020

L’Afrique n’est pas encore touchée par le Coronavirus qui a fait plus de 1000 morts en Chine mais les risques d’infections sont élevés pour le continent vue les relations qu’elle entretient avec ce géant asiatique. Un constat qui amène l’Union africaine (Ua) à tirer la sonnette d’alarme sur les menaces qui guettent l’économie africaine. Elle attire l’attention des Banques Centrales africaines sur leur rôle dans ce contexte.

L’Association des banques centrales africaines (Abca) est alertée sur les risques encourus par l’économie africaine face à la propagation du coronavirus qui secoue la Chine et inquiète le monde.

La question a été au cœur des discours d’ouverture des travaux de la première réunion ordinaire 2020 du bureau de l’ABCA, dans la matinée de ce jeudi 13 février au Siège de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), à Dakar.

Venu représenter le président de la Commission de l’Union africaine, M. Moussa Faki Mahamat, le Commissaire aux Affaires économiques de cette institution (Cua), M. Victor Harison a d’emblée attiré l’attention des gouverneurs de banques centrales africaines sur ce phénomène mondiale.

Selon lui, le coronavirus est venu dans un contexte où l’Afrique connait les conséquences désastreuses des phénomènes comme les changements climatiques, l’épidémie d’ebola, entre autres.

Même si le coronavirus qui a fait plus de mille victimes en Chine n’a pas encore atteint l’Afrique, M. Harison a attiré l’attention des Banques Centrales sur les conséquences économiques de cette épidémie.

A l’en croire, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a fini de se réunir pour décider du niveau de production du pétrole parce que la demande mondiale risque de diminuer à cause de ce phénomène.

Pour lui, les conséquences par rapport aux économies africaines, vue la place de la Chine par rapport à nos échanges commerciaux, seront certaines.

Devant cet état de fait, ce commissaire de l’UA interpelle les instituts d’émission sur le rôle qu’ils auront à jouer sur l’économie africaine dans ce contexte. « Il risque d’avoir une récession économique au niveau international », confie-t-il.

« A peine que les économies africaines sont en train de reprendre après la décennie de croissance, ce phénomène de coronavirus risque de nous affecter », prévient-il.

L’Institut monétaire africain sur les starting-blocks

Dans la même foulée, Victor Harison a, par ailleurs, salué la performance du Pound égyptien et les obligations rwandaises.

D’après lui, l’Union africaine espère que l’avènement d’une monnaie unique qui correspond aux aspirations des pays de la CEDEAO, va servir leurs intérêts. « Ce qui marquera un grand pas dans le processus d’intégration régionale ».

Dans le cadre de la coopération entre l’ABCA et l’UA, matérialisée par les questions liées à la convergence macro-économique débattues avec les Communautés économiques régionales, le commissaire Harison se demande si les débats ne méritent-ils pas d’être orientés sur les objets de la datte et sa gestion.

Il informe ainsi que le département économique de l’Union africaine se fixe comme priorité à partir de 2020 la mobilisation des ressources internes.

A cet effet, fait-il savoir,  le président du Ghana, M. Nana Akufo-Ado a été désigné champion des institutions financières panafricaines.

Ce qui, selon lui, est un signal fort de l’engagement de l’Union africaine à œuvrer à la réalisation d’un projet phare de l’Agenda 2063.

En effet, le Commissaire aux Affaires économiques de cette institution (Cua) se demande également comment l’Afrique peut imaginer une zone de libre-échange continentale réussie si ses pays continuent à faire les transactions en devises étrangères ? « A qui profitera notre ZLECA ? ».

C’est dans ce sens que les gouverneurs et ministres des finances, de la planification économique et de régulation de l’Union africaine avaient demandé la révision les délais et la fourniture les efforts nécessaires pour aligner les critères de convergence macroéconomique du PCMA pour la création de la Banque Centrale africaine avec ses deux communautés économiques régionales.

M. Harison avise qu’en collaboration avec la Banque Centrale du Nigeria, la Commission de l’UA a élaboré la structure, les statuts de l’Institut monétaire africain. « On souhaite que la structure commence ses opérations cette année car le gouvernement nigérian a déjà mis à disposition un bâtiment avec des bureaux ».

Il demande à l’ABCA d’étudier ces textes dans les meilleurs délais parce qu’au niveau de l’Union africaine l’adoption des textes prendra du temps.  Ce qui va favoriser la mise en œuvre des actions.

Ceci en attendant que la Commission de l’UA procède au recrutement des experts, une fois que la demande de supplément budgétaire soie accordée au mois de juin prochain.

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