Mali: Radio Kledu, la radio comme lien social

13 Février 2020

Journée mondiale de la radio, l'occasion d'aller faire un tour au Mali, chez notre partenaire : Radio Kledu.

Au Mali, certains journalistes doivent se battre au quotidien pour leur droit d'informer leurs concitoyens. C'est le cas de Radio Kledu, notre média partenaire sur place. Elle fait partie des chaînes les plus écoutées dans ce pays où la radio est le principal média. Et les reporters de Radio Kledu font le maximum pour que l'information aide à apaiser le Mali.

"Edition spéciale : la grève des enseignants..." Pour le deuxième flash info de la journée, Oumou Dembélé, journaliste à Radio Kledu, à Bamako, donne la voix aux syndicats et au personnel gréviste.

Dans la salle de rédaction, chacun écoute les versions des deux parties enregistrées par leur collègue. Car à Kledu, la parole est à tout le monde, et tout le monde s'exprime.

André Traoré, en charge du desk Bambara, explique qu'à partir de 16h20, l'émission "Allo Kledu" ouvre son antenne aux auditeurs : "Tout le monde s'exprime, tu dis y dis ce que tu penses. Les gens y dénoncent des choses, les gens y apprécient les choses. Chacun selon son envie."

Information plurielle

Créée en 1992, au lendemain de l'instauration de la démocratie au Mali et de la libéralisation des ondes dans le pays, Radio Kledu met l'information et la pluralité des intervenants au centre de ses programmes.

Mahamadou Kane est journaliste chez Kledu, mais aussi correspondant du programme francophone de la Deutsche Welle. En tant que journaliste, il fait particulièrement attention à la fiabilité des sources, surtout dans le contexte actuel : "avec les réseaux sociaux et tout ce qui peut se passer dehors. Mon premier souci en tant qu'homme de radio c'est de donner la bonne information."

La radio, média n°1, une grande responsabilité

Donner la bonne information est une mission nécessaire, dans un pays en crise, où la radio "reste le moyen d'information essentiel de la population", selon un rapport de la Fondation allemande Friedrich Ebert en date de 2015.

Et une responsabilité d'autant plus grande, lorsque l'on est la deuxième radio nationale, derrière la radio nationale, l'ORTM.

Bakary Cissé, rédacteur en chef de Radio Kledu, estime qu'"Aujourd'hui, les journalistes ont un rôle très important. Surtout dans le Mali d'aujourd'hui, où la situation est très critique. Il y a la sensibilisation, une fois de plus, et parler vrai, c'est une réalité également. Une phrase, ou un mot mal prononcé par les journalistes, peut activer le feu."

Ou l'éteindre, et recréer du lien social, en parlant également des choses positives, comme le laisse entendre Fanta Diakité, qui veut croire que "le Mali peut tanguer, mais pas chavirer."

Chercher l'information vraie peut être compliqué, dans un pays placé 116e au classement de la liberté de la presse de Reporters sans frontières. Accès au terrain difficile, communication verrouillée... Une situation que regrette Oumou Dembélé, journaliste reporter.

"Dans l'ensemble, ça va. Parfois, on a des problèmes pour exercer notre métier comme on le voudrait. Car souvent, quand on va sur des terrains de reportage, l'accès n'est pas forcément facile. Mais on arrive à se débrouiller un peu."

En plein coeur de la société

Alors pour contourner les difficultés, certains journalistes n'hésitent pas à feinter, ou à prendre leur temps. A l'image d'Aminata Diallo, âgée de 26 ans et correspondante de Kledu à Gao, ville du nord du pays, qui a choisi de développer les sujets pour mieux les raconter.

Son "but est de développer des thèmes qui touchent la société. C'est le cas de la consommation de drogue, le comportement des jeunes filles à l'école, ou encore la participation des femmes dans les médias."

Ce sujet lui tient énormément à cœur, dans une ville qui comprend, selon elle, une dizaine de radios en activité, où femmes et journalistes compétents sont sous-représentés.

Alors la radio n'est plus seulement un moyen d'informer, mais également un moyen de faire du plaidoyer pour certains journalistes, qui souhaitent voir le retour de la paix dans leur pays. Le journaliste Mahamadou Kane, résume ainsi l'importance du média radio:

"Quand tu prends ta douche, quand tu conduis, quoique tu fasses tu peux écouter la radio. C'est le charme de la radio, c'est pour cela qu'on aime la radio. Et c'est d'ailleurs pour cela que l'on se bat tous les jours pour informer nos citoyens à travers le monde."

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