Cameroun: La chasse aux « taxis-brousse » dans l'Adamaoua

Depuis 2015, des équipes mixtes composées des agents de l'administration des Transports et des forces de maintien de l'ordre, sont opérationnelles sur le terrain.

Depuis quelques mois, les choses ne se passent plus comme avant dans le secteur du transport routier dans l'Adamaoua. Le gouverneur de la région, Kildadi Taguiéké Boukar, avait signé le 14 décembre 2015 un arrêté portant création d'un comité régional de suivi de la lutte contre le transport routier clandestin. Outre la délégation régionale des Transports de l'Adamaoua, ce comité est composé des préfets des cinq départements de l'Adamaoua, du commandant de la légion de gendarmerie, du délégué régional de la Sûreté nationale, du délégué régional du Travail et de la Sécurité sociale, des magistrats municipaux, des représentants des syndicats.

Des équipes mixtes sont visibles sur les axes névralgiques comme Ngaoundéré-Meiganga au niveau de Beka, Ngaoundéré-Touboro ou encore Ngaoundéré-Garoua. La sécurité routière est bien opérationnelle dans la région. Cependant, malgré la présence des agents de la prévention routière, les transporteurs clandestins exerçant dans l'illégalité réussissent toujours à passer à travers les mailles du filet des forces de l'ordre. Leur mode opératoire consiste à esquiver toutes les barrières de contrôle.

Tout se passe en général entre 5h et 8h du matin. Les « taxis-brousse » inondent les carrefours les plus fréquentés de la ville pour proposer leurs services aux usagers qui se rendent souvent dans les localités telles que Tignère dans le Faro-et-Déo ou dans les villages situés le long du corridor Ngaoundéré-Touboro. Les prix proposés varient de 2500 F à 3000 F. « Il est difficile de rencontrer une agence légale qui dessert mon village », souligne Bouba Dogari, un habitant de Wamé-Grand.

Ils ont dit

Abba Hamadama: « Une activité illégale »

Président régional d'un syndicat de transporteurs.

«Le transport clandestin est d'abord une activité illégale. C'est un fléau qui dégrade l'activité des transporteurs. Le syndicat est un collaborateur de l'Etat et nous ne pouvons pas aller à l'encontre de la loi. Pour cela, nous nous battons pour limiter l'activité. Nous sommes dans un Etat de droit. On ne peut pas se lever un matin et brutaliser un individu parce qu'il exerce dans le transport clandestin. L'unique activité que nous menons est la sensibilisation des conducteurs afin de les ramener sur la voix légale. Pour vraiment limiter le fléau, le ministère des Transports doit nous accompagner dans nos différentes descentes sur le terrain »

Tsasse Fopa: « L'Etat devait trouver une solution »

Usager de la route.

« En réalité, lorsqu'on analyse le problème de manière objective, il faut rester mesuré. L'Adamaoua est une région très enclavée. Je vais avoir un avis surprenant. Je pense que ce mode de transport est nécessaire, parce que si vous prenez le cas de la route de Tignère par exemple, les véhicules qui se trouvent dans un certain état ne vont pas prendre le risque de faire ce trajet. Pourtant, les petits véhicules sont adaptés pour affronter les zones enclavées. Ils facilitent ainsi la mobilité des personnes et des biens. Donc, je pense que l'Etat devrait trouver comme meilleure solution l'état de la route. Si les routes sont praticables, le transport clandestin va disparaître. Les autorités devraient être tolérantes vis-à-vis de ce mode de transport. »

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