Afrique de l'Ouest: Marché Financier - Les résolutions du Crepmf

13 Février 2020

La première conférence du J-Cap a pris fin mardi à Abidjan. Pendant deux jours, plus de 350 participants ont discuté des voies et moyens de rendre plus attractif le marché financier régional. Un des messages clé à retenir, c'est la mobilisation de l'épargne locale par le biais des marchés des capitaux pour financer l'économie réelle.

Quatorze sessions faites d'ateliers, de panels et de conférences. Le programme concocté pour la première conférence J-Cap portant sur le développement des marchés financiers et qui s'est déroulée, du 10 au 11 février, à Abidjan, était bien riche. Mais, que faudra-t-il retenir en substance des débats qui ont mobilisé plus de 350 participants de profils divers ? « Un des messages clé qu'on aura retenu au sortir de cette conférence, c'est qu'il faut mobiliser l'épargne locale par le biais des marchés des capitaux pour financer l'économie réelle », répond Jean-Pierre Lacombe, Directeur du J-Cap. Pour lui, c'est « absolument nécessaire » pour avoir une croissance économique soutenue pour les années à venir.

Notre compatriote Mamadou Ndiaye, Président du Conseil régional de l'épargne publique et des marchés financiers (Crepmf), approuve : « Aujourd'hui, nos pays sont engagés dans une dynamique de croissance depuis plusieurs années et cela demande beaucoup de ressources. Et l'idée, c'est de faire en sorte que les marchés financiers puissent apporter une contribution significative aux économies des pays membres de l'Uemoa ».

Les deux hommes animaient une conférence de presse au cours de laquelle ils ont, en chœur, salué les échanges « nourris mais également très riches en enseignements » qui ont ponctué la rencontre. Les deux parties sont tellement satisfaites de leur partenariat qu'elles ne comptent pas s'en arrêter là. En tout cas, du côté de la Banque mondiale et de sa filiale en charge des financements du secteur privé, la Société financière internationale (Sfi), la promesse de continuer à aider le Crepmf à mettre en œuvre le programme de réformes en cours... est faite. « L'opportunité de repousser les limites de ce que nous savons est, en effet, la valeur essentielle de ce type de conférence », déclare le philosophe Jean-Pierre Lacombe.

En attendant, Mamadou Ndiaye promet que les conclusions et recommandations sorties de cette conférence ne finiront pas dans les tiroirs, une façon de rassurer certains pessimistes qui, à juste raison d'ailleurs, s'inquiètent de la multitude de rencontres sans lendemain qui se tiennent sur le continent. « Ce n'est pas une rencontre de plus. Les conclusions de la rencontre vont permettre d'accélérer le processus de réformes en cours et permettre au marché financier régional de jouer pleinement son rôle d'accompagner le financement durable des économies des huit pays de l'Uemoa. Tous les acteurs du marché régional étaient présents. Les nombreuses sessions témoignent de la multiplicité des défis à relever, mais sur chaque problématique, le niveau de participation a été remarquable. Nous allons faire dans le concret », argue-t-il.

La poursuite des réformes fortement préconisée

Comme pour ne pas perdre du temps, le Crepmf a déjà pris quelques résolutions sur un certain nombre de points, notamment la question du financement des Pme. Selon M. Ndiaye, « un grand pas a été franchi dans ce sens par la création d'un troisième compartiment [à la Brvm] et il faut l'opérationnaliser ». Par ailleurs, les deux chantiers les plus importants sur lesquels les actions futures du Crepmf vont certainement porter sont : l'harmonisation de la fiscalité des valeurs mobilières et la révision de la tarification. Deux éléments qui, pense Mamadou Ndiaye, peuvent contribuer à améliorer l'attractivité du marché. « Nous sommes engagés dans cette réforme pour revoir tout le dispositif. L'idée, c'est de capitaliser toutes les expériences des autres marchés financiers et éviter les difficultés et obstacles qu'ils ont rencontrés », indique-t-il.

La nécessité de rendre plus attractif le marché financier régional, est revenu, tel un leitmotiv, dans les différentes communications. Ainsi, il a été relevé « l'urgence de poursuivre les réformes afin d'en faire un moyen de financement efficace pour le développement de nos États ». Ces réformes devraient, à ce titre, toucher la fiscalité applicable aux valeurs mobilières dans les pays membres de l'Union monétaire ouest africaine (Umoa), la tarification du marché financier régional, l'éducation financière des populations, l'élargissement de la base des investisseurs et la diversification des produits financiers.

Toujours au titre de l'attractivité des émetteurs et de la liquidité du marché, il a été recommandé d'adapter les infrastructures du marché aux systèmes internationaux, pour un accès direct des investisseurs étrangers ; la mise à disposition d'informations en langue anglaise et la mise en place d'incitations fiscales tant pour les émetteurs que pour les investisseurs. Il a été aussi retenu l'importance de se mettre à niveau surtout en matière de communication financière, de transparence et de gouvernance. Par ailleurs, il a été proposé de sensibiliser les États à recourir au marché financier régional dans le cadre de la privatisation des sociétés publiques.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Sénégal

Plus de: Le Soleil

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.