Burkina Faso: Elections de novembre 2020 - Le préalable d'Harouna Dicko

Le très polémiste Harouna Dicko signe son retour sur la scène politique. Cette fois-ci, comme il l'a signifié aux médias le jeudi 13 février 2020 à Ouagadougou, ce n'est pas pour faire de la politique partisane, mais plutôt citoyenne. Le constitutionnaliste se dit opposé à la tenue des élections de novembre prochain, tant que le Burkina ne recouvre pas l'intégrité de son territoire.

L'évocation de son seul nom suffit à alerter les professionnels des médias, lui, l'activiste politique, qui n'est jamais à court d'idées pour surprendre. Il ne pouvait donc en être autrement à l'annonce de la conférence de presse que devait animer jeudi dernier Harouna Dicko, le président du défunt Rassemblement politique nouveau (RPN), devenu par la suite Parti pour le rassemblement et la démocratie (PPRD).

Celui qui a été candidat à la présidentielle du 13 novembre 2005 était face aux journalistes, par le biais desquels il dit vouloir s'adresser au « vaillant peuple du Burkina Faso qui a tant souffert de la mauvaise pratique en politique ». Pour lui, le Pays des hommes intègres appartient à tous les Burkinabè. Ils doivent savoir d'où ils viennent, pour sereinement décider ensemble où ils veulent aller et comment y arriver. Harouna Dicko lie la promotion de l'Etat de droit et de la démocratie à l'abandon de tous les ressentiments ou comportements basés sur des intérêts égoïstes qui guident beaucoup d'acteurs des partis et associations politiques.

En décembre 2015, rappelle-t-il, il s'est retiré de la politique. Cinq ans après, il déclare solennellement « son réengagement dans l'action politique ». Trois raisons, selon lui, expliquent cela : La Constitution lui en donne le droit, l'histoire lui a donné raison sur au moins trois points pour lesquels ses concitoyens lui avaient donné tort : la sanctuarisation de l'article 37 de la Constitution, le démantèlement du RSP, le recadrage de la Transition. Aujourd'hui son pays va très mal et il ne peut pas continuer à se taire.

Ensemble pour un dialogue national inclusif

L'orateur du jour conçoit mal que ce soit à un moment où les FDS tombent en tentant de reprendre les parties du territoire national qui échappent à l'administration centrale, que des partis politiques eux se préoccupent des élections du 22 novembre prochain. Conforté par la jouissance pleine de ses droits et libertés constitutionnels, Harouna Dicko exprime son opposition à la tenue d'élections avant que le Burkina Faso ait recouvré l'intégrité de son territoire.

Au regard de la situation de guerre que vit le Burkina mais que les autorités refusent de reconnaître, monsieur Dicko prône un dialogue national inclusif. Les élections, à son avis, peuvent attendre. Qu'adviendrait-il alors du vide juridique en cas de non-tenue des consultations électorales à bonne date ? Pour l'ancien candidat à la magistrature suprême, il n'y a pas de souveraineté pour le Burkina s'il ne recouvre pas l'entièreté de son territoire. A l'entendre, c'est l'existence du Burkina Faso qui est en jeu avec les attaques terroristes. Pour cela, il ne faut pas faire des élections pour faire des élections. D'ailleurs, souligne Harouna Dicko, Roch Marc Christian Kaboré, candidat à sa propre succession, n'arrive pas à gérer normalement le pays. Ses concurrents qui sont en vue, à savoir, Kadré Désiré Ouédraogo, Zéphirin Diabré et Eddie Komboïgo, ne peuvent pas non plus trouver des solutions aux problèmes du Burkina.

Selon le conférencier, les Burkinabè font semblant de dormir et il est difficile de les réveiller dans ce cas. Il pense avoir joué sa partition en engageant des actions citoyennes pour contribuer à la création des conditions d'un dialogue national. Les acteurs politiques, religieux, coutumiers, ainsi que les OSC et le HCRUN ont tous été approchés dans ce sens. Une correspondance a même été adressée au président du Faso.

La religion d'Harouna Dicko est faite : « Sans le dialogue franc et sincère entre tous les Burkinabè, il ne peut y avoir de paix, et sans paix, point de développement national harmonieux ».

Plus de: L'Observateur Paalga

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