Congo-Kinshasa: 7e ART - "Cœur d'Afrique" en avant-première au Showbuzz

La projection du long métrage, ce 15 février à 18h00, a été annoncée à la conférence de presse tenue le jeudi 13 février à l'Académie des beaux-arts par son réalisateur, Tshoper Kabambi, en présence Moyindo Mpongo, qui campe le rôle de Gabriel Ngandu, un des personnages principaux, et Elbas Manuana, alias Mwabila.

C'est également à Kinshasa que Bimpa Production organise la première mondiale de Cœur d'Afrique et en deux dates. La salle Boboto à Gombe aura le grand privilège de servir de cadre à la sortie du long métrage congolais, les soirées des 21 et 22 février à partir de 18h00 avec une capacité d'accueil plus grande. Le droit d'entrée est par ailleurs réduit comparé à celui de l'avant-première au Showbuzz. Les Kinois ont donc trois dates pour découvrir ce film qui a déjà un retentissement international avec cinq prix glanés dans divers festivals notamment l'Award of merit (prix du mérite) de l'Accolade Global Film Competition 2019, une compétition mondiale d'avant-garde tenue pour l'un des vingt-cinq meilleurs festivals de cinéma du monde.

Film en lingala et anglais et sous-titré en version française et anglaise, Cœur d'Afrique semble avoir un bon succès dans sa version anglaise Heart of Africa. Ce qui lui a permis d'ailleurs d'être déjà programmé dans vingt et une salles au Nigéria, en attendant une programmation en Afrique du Sud. A moins de quarante-huit heures de l'avant-première, Tshoper Kabambi a brièvement exposé les contours du film qui est une coproduction américaine. En effet, le directeur général de Bimpa Production a souligné que Congo Rising corporation, fondation que préside l'écrivaine Margaret Blair Young est coproductrice de son film. Ainsi l'on sait d'ores et déjà que la sortie en salle de Heart of Africa aura lieu le 13 mars aux Etats-Unis.

Le tournage de Cœur d'Afrique ou Heart of Africa, un drame de 90 minutes, a été aux yeux de son réalisateur « une expérience magnifique ». De prime abord, a souligné Tshoper Kabambi, « j'ai eu à travailler avec une équipe entièrement congolaise. Tout le monde dans ce film était Congolais à l'exception de trois acteurs américains dont l'un, Brandon Ray Olive, qui a joué comme co-star à côté de Moyindo Mpongo. C'est le seul à avoir eu un rôle important dans Cœur d'Afrique, les autres n'ont fait que de la figuration ». Par ailleurs, il a dit sa fierté d'avoir réussi « à faire tenir le film par les Congolais ». De préciser : « même dans le jeu, les grands rôles ont été joués par eux, en l'occurrence Moyindo Mpongo qui porte l'histoire. Je tiens pour une chance d'avoir travaillé avec lui. J'ai apprécié la prestation de mon maître, Elbas Manuana qui m'a pris sous son aile à mon entrée dans le monde du cinéma. Il m'a appris l'abécédaire, les bases du métier que je pratique ».

Soutenir le cinéma congolais

Dans les détours de la conférence de presse Tshoper Kabambi a fait un appel à la solidarité congolaise, quitte à œuvrer ensemble avec détermination pour la promotion du 7e art congolais. « De manière générale, le milieu artistique fonctionne avec des petits budgets, des financements étrangers. En contrepartie, l'on vous exige de faire les choses à leur manière, selon leurs préférences. Dans la plupart des cas, les Européens présentent une Afrique misérabiliste. Ceux qui viennent faire des films chez nous se basent sur des clichés », s'est-il insurgé. Le jeune réalisateur a dit son ras-le-bol contre cette manière de faire : « Ce n'est pas intéressant d'avoir tout le temps des films basés sur ces clichés de l'Afrique que l'on met dans un bloc. Or, le Congo n'est pas le Mali, ni le Burkina. Il est pourtant fréquent d'entendre un Français ou un Belge parler de l'Afrique comme s'il s'agissait d'un même pays aux réalités identiques. Nous en avons marre ! J'en ai marre, en tant que réalisateur, de voir des images très dégradantes de nos populations ».

C'est sur un plaidoyer pour la mise en commun des efforts pour soutenir le 7e art local qu'il a achevé son propos : « En tant que cinéastes, artistes, nous avons un imaginaire à vendre à notre population. Certes, nous n'avons pas le soutien du gouvernement, ni l'argent pour faire ce que l'on veut, mais si nous trouvons des personnes de bonne volonté qui peuvent nous accompagner avec le peu qu'ils ont, cela va permettre de faire avancer notre cinéma ». Tshoper s'est à ce sujet réjoui des partenariats efficaces avec notamment Canal +, une banque de la place et une compagnie de télécommunications qui sont venus en renfort à Bimpa production pour la sortie de Cœur d'Afrique.

« De tous nos partenaires, personne ne nous a donné des milliards, mais le peu apporté va permettre de présenter notre film dans différents endroits et dans de bonnes conditions », a-t-il affirmé. S'il arrivait « que les mêmes partenaires venaient à soutenir la production, nous n'allons pas courir derrière des fonds qu'il faut attendre durant des années alors que l'on n'y gagne rien. 50 000$ ou 100 000$ pour faire un film, c'est rien ! Mais si l'on parvenait à recevoir ne fût-ce que 20 000$ de notre propre pays pour en réaliser un, j'en ferai un qui ressemblera à notre population, corresponde à ses attentes, je descendrais dans nos quartiers et le droit d'entrée serait même à 1 000Fc », a-t-il ajouté. Et de conclure : « Quant aux films soutenus à 300 000$ - 400 000$ par des fonds étrangers, s'ils sont montrés à Masina ou Kingabwa, ils ne parleront à personne. Pour en faire qui leur parlent, nous avons besoin du soutien de la presse et des hommes d'affaires congolais, du gouvernement, des Congolais et des populations africaines. Je tenais à le souligner, c'est important ».

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