Madagascar: Mémorandum - Une petite élite domine la sphère économique

La Banque mondiale, à travers le Mémorandum économique de Madagascar, a placé le climat des affaires parmi les points à améliorer.

Le Mémorandum économique de Madagascar crève l'abcès sur ce que le document définit de «mainmise d'une petite élite sur les sphères économique et politique». La publication a été présentée hier dans les locaux de la Banque mondiale devant le ministre de l'économie Richard Randriamandranto, le ministre de l'Agriculture Lucien Ranarivelo et le secrétaire général de la Présidence Valery Ramonjavelo entre autres ainsi que des membres du secteur privé.

La représentante résidente de la Banque Marie-Chantal Uwanyiligira a expliqué que le Mémorandum a pour objectif de guider la formulation des réformes économiques nécessaires pour libérer le potentiel de croissance inclusive du pays. La publication quinquennale étudie ainsi les facteurs de performance des secteurs mais analyse également les freins transversaux à l'émergence économique de Madagascar.

Préjugés

Parmi ces freins, les auteurs de l'étude ont identifié «un environnement concurrentiel difficile». Ils vont en profondeur dans le document en évoquant un environnement des affaires caractérisé par des règles du jeu peu inclusives et de fortes barrières à l'entrée dans les secteurs clés. Cette qualité de la gouvernance mine la confiance des investisseurs et nuit au climat général des affaires selon eux, soulignant le mauvais classement du pays dans l'indice Doing Business (161ème sur 190).

Pour les auteurs, cette situation reflète une dynamique dans laquelle les élites économiques et politiques sont étroitement liées. «Compte tenu des faiblesses des institutions, les opérateurs privés ont eu recours aux relations politiques pour protéger leurs activités. La dépendance aux relations et aux alliances a entamé la motivation à renforcer les mécanismes de gouvernance, de transparence, de redevabilité et de surveillance», souligne le Mémorandum. Les auteurs recommandent ainsi la mise en œuvre d'un programme de réforme du secteur public et de renforcement de l'état de droit pour relever le niveau de confiance des investisseurs.

Ils soulignent néanmoins l'arrivée d'un petit nombre d'opérateurs économiques dans des secteurs émergents qui montre qu'il est possible de mener des affaires dans le pays. «Ces exemples indiquent en outre que, si les obstacles à la conduite des affaires étaient réduits, les perspectives d'investissements supplémentaires pourraient croître exponentiellement».

Pour sa part, le ministre de l'économie et des finances Richard Randriamandrato a indiqué dans son allocution que ce qui manque à Madagascar c'est la confiance notamment entre les Malgaches. Il est d'avis que sans la confiance, le taux de croissance de rattrapage de 7% voulue en 2023 s'en retrouvera fragilisé. Il a également évoqué des «préjugés» engendrés par les différents indicateurs actuels sur le pays. «Le préjugé l'emporte sur notre capacité à être résilient», a-t-il lancé à l'endroit de l'assistance.

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