Tunisie: Séminaire sur «le réseautage associatif et les opportunités de financement» - Ifeda se mobilise au profit des associations

14 Février 2020

Des projets qui répondent aux critères d'éligibilité, de sélection et travaillés métriquement et professionnellement ont le plus de chance d'aboutir et de convaincre les décideurs afin de lever les fonds financiers nécessaires à leur concrétisation de l'aveu des intervenants au cours du séminaire.

Le tissu associatif tunisien a constitué le maillon fort depuis la révolution du jasmin qui a vu le nombre d'associations en activité s'établir à 10.000 en 2011 au cours de l'année qui a mis fin au diktat des dirigeants et la bureaucratie. Cependant les difficultés structurelles, techniques et financières ont réduit en peau de chagrin leur nombre qui serait passé à 4.000 associations réellement en activité selon un intervenant qui a marqué l'assistance par ses prises de position tranchantes en faveur d'un meilleur rendement des associations et des ONG en Tunisie.

Une conférence s'est déroulée, le mercredi dernier, au siège de l'Ifeda à Menzah 7. Elle a rassemblé un nombre important d'associations qui exercent en Tunisie afin de dessiner un nouveau contour stratégique pour les associations et débattre des nouvelles opportunités à saisir pour améliorer leur rendement. Mme Olfa Dhahak, directrice générale du Centre d'information, de formation, d'études et de documentation sur les associations fraîchement intronisées à la tête de l'institution nationale, est déjà sur les chapeaux de roues en organisant un événement à caractère économique et social qui rassemble un parterre d'associations et organisations non gouvernementales.

Statistiquement la Tunisie compte 23.213 associations réparties dans plusieurs domaines dont 4.550 dans le volet culturel et technique et 4.591 pour l'éducation tandis que 4.663 d'entre elles se situent à Tunis soit 1 association tunisienne sur cinq, exemptes celles situées à Radès et l'Ariana. Mme Dhahak a reçu La Presse de Tunisie dans son bureau pour résumer les enjeux de ce rassemblement des associations sous un même toit.

Il s'agit notamment d'offrir des opportunités aux petites associations encore émergentes et de s'associer avec les plus fortes pour obtenir un meilleur rendement et travail.Et d'ajouter : «C'est la première conférence de l'année 2020 qu'organise le centre Ifeda afin de consacrer le partenariat entre les associations dans le cadre de la vision stratégique qu'on s'est fixée pour la prochaine étape. On doit identifier les besoins et connaître les difficultés des associations qui leur permettent d'atteindre les objectifs tracés. Les compétences et l'esprit de solidarité et de volontariat des associations devraient être la clé de voûte des concrétisations qui en résultent. On rapproche les associations les unes des autres dont le nombre est important».

Toutefois, il ne reflète pas la réalité sur le terrain puisqu'il y a des associations dont les activités sont gelées ou qui ne sont pas actives. Il sous-estime les efforts de certaines associations et ne reflète pas le travail associatif de grande ampleur qui se produit. Une étude sera prochainement élaborée pour identifier les associations qui sont actives à la faveur de l'entraide. Pour que celles qui ont connu des succès soient une source d'inspiration pour les autres. Ifeda constitue l'intermédiaire à ce niveau. «On sera présents également dans les régions pour créer une nouvelle impulsion de la société civile régionale à travers tous les gouvernorats. Pour une performance qui va tirer profit à la Tunisie», a poursuivi Mme Dhahak.

Une session de formation sera organisée les 24 et 25 février qui s'adresse à une trentaine ou quarantaine de personnes dont une vingtaine issues des régions sur le thème de l'économie numérique et sociale notamment à Sfax et les villes du sud. Chaque mois, deux ou plusieurs activités seront organisées à Tunis et dans les régions.

Du reste, 19,79% des associations sont actives dans le domaine éducatif et les écoles. Une convention de partenariat est envisagée avec le ministère de l'Education nationale pour améliorer le travail éducatif avec le nombre très important d'écoles. Mme Dhahak recommande plus de stabilité dans les écoles au sein de la direction d'un institut ou d'une structure scolaire qui lorsqu'elle change perturbe inévitablement la direction des associations qui sont amenées à modifier leur supérieur hiérarchique elles aussi.

Les difficultés financières des petites associations amènent à revoir la configuration et le paysage actuel du tissu associatif tunisien qui nécessite de construire un grand réseau avec une force d'action motrice. Un renouveau nécessaire et indispensable pour une nouvelle impulsion des associations en Tunisie doit se concrétiser. Ceci afin de susciter la motivation des bailleurs de fonds internationaux qui attendent d'obtenir des garanties sur les projets des différentes associations.

Convaincre les investisseurs

Mme Nour Kaabi, directrice de l'association Jamaity, la plateforme numérique qui recense toutes les données sur les ONG en Tunisie, tire la sonnette d'alarme quant aux difficultés naissantes en termes de moyens financiers de plus en plus réduits. La Tunisie risque de disposer de moins en moins de fonds à moins de savoir tirer son épingle du jeu pour attirer les décideurs, investisseurs et autres bailleurs de fonds afin de continuer à soutenir la transition démocratique tunisienne.

En corollaire, un panel d'interventions s'est produit apportant une pierre à l'édifice de l'amélioration du cadre de travail technique et une mise à niveau des associations. Celui qui envisage de renforcer le tissu associatif en Tunisie au moyen d'un relais d'échanges et d'interventions pour faire converger les objectifs.

Une intervention d'un directeur d'une ONG tunisienne se démarque du lot : «Il faut du travail professionnel pour convaincre les bailleurs de fonds. Il faut des objectifs bien tracés, clairs, mesurables et quantifiables. L'Union européenne et les coopérations comme la GIZ répondent favorablement aux dossiers les plus pertinents et convaincants. Il faut tenir bon et croire en ses potentialités». Du reste, la transparence est requise en pareille circonstance pour ficeler un dossier abouti. Il faut un projet faisable et efficace afin d'atteindre ses objectifs selon les choix définis. Les critères d'efficience et de faisabilité sont poursuivis pour valider un dossier en cours d'approbation.

Une mobilisation importante au siège d'Ifeda qui marque un nouveau tournant dans le travail de la société civile tunisienne qui doit rester au plus près des attentes des citoyens tunisiens et concrétiser les objectifs de développement que la Tunisie s'est engagée à réaliser depuis la révolution du jasmin du 14 janvier 2011 vers le progrès social et économique.

La Tunisie compte 23.213 associations !

Un document a été remis à l'assistance par les organisateurs d'Ifeda de l'événement à caractère associatif qui comporte un tableau statistique récapitulatif et différents diagrammes et histogrammes sur la répartition des associations tunisiennes par domaine et par région. Un tableau recense le nombre total général au 7 février 2020 porté à 23.213 associations. On a précisément 1.739 associations scientifiques, 203 associations féminines, 2.777 associations sportives, 4.550 associations culturelles et techniques, 2.593 associations caritatives, 2.410 associations sociales. On remarque que des volets importants comme l'enfance et l'environnement n'occupent pas une place de choix dans le recensement fourni avec respectivement 312 et 588 associations. Du reste, une association sur trois exerce dans le Grand-Tunis (Tunis, Ariana, La Manouba) avec plus de sept mille associations dénombrées.

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