Sénégal: Dialogue politique - Le cumul des fonctions de Chef d'État et Président de parti au cœur des discussions

14 Février 2020

La Commission politique du Dialogue national, qui a engagé des discussions de fond sur le cumul des mandats du Chef de l'État, n'est pas parvenue à s'accorder sur ce point. Pour autant, elle a pu trouver un consensus sur la nécessité de réactualiser la loi du 02 janvier 1978 qui régit les manifestations.

Les débats ont été un peu houleux, hier, lors de la réunion de la Commission politique du Dialogue national. Pour l'opposition, le pôle des non-alignés et la société civile, un Chef d'État nouvellement élu doit démissionner de son poste de Président de parti. Pour ces trois pôles, le principe de la séparation des fonctions devra permettre de maintenir l'article 80 qui institue le délit d'offense au Chef de l'État. Dans cette dynamique, il y a lieu de retenir, selon Valdiodio Ndiaye de la société civile, que « si le Président de la République n'est plus Chef de parti, toute personne qui s'attaque à l'institution peut être passible de sanction. Le principe d'offense du Chef de l'État sera essentiel, car c'est cette confusion qui a toujours posé problème ».

Pour Djibril Gningue, également de la société civile, « un Chef d'État et Président chef de parti a tendance à placer ses hommes à certains postes. Tous les régimes ont été victimes de cela ; ce qui fait qu'on se retrouve avec une Administration qui n'est pas toujours à la hauteur des enjeux et qui n'est pas capable de porter des projets de développement ». Par ailleurs, les parties prenantes au Dialogue politique ont exprimé leur accord sur la réactualisation de la loi du 02 janvier 1978 qui régit les manifestations. Elles ont tenu à ce qu'elle soit conforme à la Constitution en vigueur.

La société civile a proposé, entre autres, qu'il n'y ait pas de restriction sur l'itinéraire choisi pour les marches ; et si c'est le cas, que la situation puisse faire l'objet de discussions entre le Préfet et les demandeurs. La possibilité de saisir le Juge des référés a été aussi proposée. L'opposition souhaite, en outre, qu'une éventuelle interdiction soit notifiée 72 heures avant.

Plus de: Le Soleil

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.