Congo-Kinshasa: Gilbert Kankonde aux Banyamulenge - « Le linge sale se lave en famille »

14 Février 2020

Le Vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur, représentant le Premier ministre, Gilbert Kankonde, a ouvert hier 13 février 2020, les travaux du dialogue inter Banyamulenge. Ce forum de deux jours, qui se tient au Cercle Elaïs, dans la commune de la Gombe, se veut un cadre d'échanges entre les délégués de cette communauté vivant non seulement en RDC mais aussi à l'extérieur du pays.

Ces travaux interviennent à point nommé car jamais l'opération liée à la pacification du pays n'a suscité autant d'intérêt au sein du gouvernement que dans la population.

Peut-être que les méthodes et approches employées dans le passé n'ont pas été adaptées à l'«ennemi», a estimé le Vice Premier ministre, raison pour laquelle il se tient actuellement ces assises à l'initiative des fils et filles du pays, animés par un esprit patriotique, dans un élan pacifique et qui ont décidé de mettre en pratique l'adage : « le linge sale se lave en famille ».

Ce n'est pas la première fois que les Congolais se parlent entre eux, a indiqué Gilbert Kankonde. Il a soutenu que cette fois-ci, le contexte est différent. Le Président de la République, Félix Tshisekedi, lui-même, est impliqué dans la démarche visant à restaurer la paix dans cette partie du pays.

C'est pourquoi, le Mécanisme national de suivi a initié des activités tendant à coordonner tous les acteurs impliqués dans le processus de pacification du Sud-Kivu. Car, c'est depuis plus de 25 ans que la partie orientale du pays qui regorge d'abondantes richesses fait l'objet d'interminables conflits empêchant ainsi le développement du pays.

Les conflits intercommunautaires à l'est du pays ne datent pas d'hier. Les germes remontent à l'époque coloniale. Malgré les efforts de feu Maréchal Mobutu d'essayer de mettre en place un climat propice de cohésion nationale à travers son programme de recours à l'authenticité, l'intolérance a subsisté à travers des poches de conflit au pays.

Après l'indépendance en 1960, la RDC qui était comptée parmi les pays qui avaient une position enviable, à l'instar de l'Afrique du Sud et du Nigéria, avec un niveau de vie elevé, s'est malheureusement retrouvée au fil des temps dans une situation économique précaire.

Les communautés, qui étaient des principaux acteurs du développement à travers leurs activités agricoles, agropastorales, ont été détournées de leur partition dans la vie de l'économie nationale à cause de la prolifération des conflits à caractère ethnique.

Ce qui a eu comme conséquence, la perte de l'autonomie alimentaire, la malnutrition et l'exode rural. Le souci du gouvernement est donc de redonner aux communautés leurs rôles dans le développement du pays à travers un dialogue en vue de l'instauration de la paix. On ne peut penser à un développement quand nos communautés sont instrumentalisées par des forces obscures.

Pour sa part, Claude Ibalanki, coordonnateur du MNS et président du Comité de pilotage, a souligné que le temps est à l'action, conformément aux orientations du Président de la République, qui a mis au cœur de ses priorités la question de la paix et la sécurité dans le pays et particulièrement à l'est.

La persistance des problèmes intercommunautaires et intracommunautaires offre des fâcheuses opportunités d'entrave sociale par des groupes armés qui occupent cette partie du pays.

Le rétablissement et la consolidation de la paix et de la sécurité requièrent des initiatives y afférentes par les parties prenantes, principalement au niveau local. Car, ce sont les populations locales qui souffrent lourdement des affres des crises et conflits armés au quotidien.

Après plus de 25 ans d'instabilité et d'insécurité, Claude Ibalanki a estimé qu'on doit s'engager sur le chemin d'un dialogue franc et sans retenue pour tirer au clair les différentes causes qui sont au cœur des conflits latents et ouverts entre les communautés banyamulenge. L'objectif poursuivi consiste à baliser le terrain à des discussions intercommunautaires inclusives. Ce qui a longtemps fait défaut suite à des différends non résolus.

Il a invité les panélistes à se regarder droit dans les yeux pour s'armer de courage d'identifier les causes profondes des conflits locaux et différents au sein de la communauté et que de déterminer les modalités des résolutions pacifiques des conflits et de promotion de la cohésion sociale au sein de cette communauté.

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