Madagascar: Antsiranana - La guerre est lancée contre les balances truquées

Les ménagères antsiranaises aux abois. Poissonniers, bouchers, marchands de légumes, de farine et du sucre, tous ont opéré de manière irrégulière. Selon le constat, ils ont réglé le point zéro de la balance à aiguille en évitant de compter le poids du plateau ou du seau qui, en principe, doit être déduit de la marchandise.

Cela veut dire qu'à chaque pesée, ils soustraient 300g de marchandise au client. Quant à ceux qui utilisent la balance Roberval comme les bouchers, ils emploient des poids qui ne correspondent pas aux normes exigées. La direction régionale du Commerce s'est saisie de l'affaire.

Tout a commencé par le constat des clients, victimes de ce comportement frauduleux à plusieurs reprises. Une fois arrivés chez eux, ils ont vérifié si le poids de leurs achats est conforme à leur demande.

« Je possède deux balances à aiguille neuves et lorsque j'ai pesé le poisson et la viande que j'ai achetés, avec mes balances, j'ai constaté une différence de 300gr par kilo », témoigne une mère de famille qui habite à la Place Kabary. Elle a aussitôt suggéré à ses voisines de vérifier le poids sur place.

Face à cette situation qui a gagné du terrain et pris de l'ampleur, quelques femmes au foyer ont alerté la vice-présidente de l'Assemblée nationale Jocelyne Rahelihanta afin de résoudre les problèmes. À son tour, elle a saisi la direction régionale du Commerce.

Celle-ci a alors effectué un contrôle inopiné et une campagne d'assainissement sur les lieux. Une grande surprise attendait les techniciens de métrologie car cent soixante-cinq balances utilisées par les commerçants ont été truquées. Cent soixante autres ont été détectées pendant la deuxième vérification.

Les consommateurs veulent que leur droit soit protégé. Il est courant dans le pesage, que chez le boucher, chez le vendeur de poisson ou de farine, de petites balances de comptoir hors de vue du consommateur, sont employées.

Il faut s'assurer qu'elles fonctionnent normalement. La campagne, périodique ou inopinée, doit s'assurer que tous les instruments utilisés dans les transactions commerciales sont conformes à la réglementation.

Sévères sanctions

« Une fois que la campagne a été réalisée dans une localité, les unités sur place sont chargées de la veille. La délégation régionale du Commerce doit assurer la surveillance du marché pour éliminer tout instrument défectueux ou frauduleusement manipulé », lance un notable.

Les ménagères ont adressé des doléances aux autorités compétentes et ont proposé des sanctions sévères à l'encontre des commerçants fautifs.

« Car cela représente le trop perçu du vendeur : on lui adressera un ordre de recettes avec la mention trop perçu » et on déposera la somme au Trésor public avec quittance.

Ensuite, un procès-verbal sera adressé au fautif. Pour la défectivité, une amende réglementaire sera imposée, qui peut aller jusqu'à 50% du montant volé, et la balance sera saisie.

Plus de: L'Express de Madagascar

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