Madagascar: Corruption - Trois anciens ministres en liberté provisoire

La branche territoriale d'Antananarivo du Bianco a présenté hier son rapport d'activités pour 2019. Des parlementaires et des ministres ont été arrêtés mais ils ont bénéficié d'une mise en liberté provisoire.

Privilégiés. Tout le monde est égal devant la loi. Ce principe est loin d'être une réalité à Madagascar. Hier à Ambohibao, la branche territoriale d'Antananarivo du Bureau indépendant anticorruption (Bianco), a présenté son rapport d'activités pour l'année 2019.

D'une manière générale, le nombre de dossiers traités a considérablement augmenté. « Nous avons arrêté trois cent soixante-et-une personnes dont soixante douze ont été placées en détention préventive », annonce Tsiry Harivelo Razafimandimby.

Parmi ces individus, trois anciens membres de gouvernement et quatre-vingt un parlementaires ont fait l'objet d'arrestation. À part un parlementaire mis en détention provisoire, l'entièreté de ces personnalités a bénéficié d'une mise en liberté provisoire.

L'année 2019 a été marquée par l'aboutissement du traitement de dossiers de grande envergure en matière de corruption.

« Malgré les difficultés du traitement des grands dossiers de par leur complexité et l'importance du temps requis pour l'exécution des enquêtes, le nombre de dossiers traités a considérablement augmenté », souligne le rapport. Ainsi, une grande partie des « dossiers brûlants », qui ont fait la Une des journaux, a été traité.

Incinération de documents

L'identité de ces personnes mises en cause n'a pas été révélée dans le rapport. Toutefois, à la lumière des articles parus dans la presse, il est permis de les identifier. Il s'agit d'anciens ministres des régimes précédents. En mars 2019, une affaire concerne une malversation financière.

Deux anciens ministres ont été impliqués dans « une prise de décision douteuse concernant les Fonds d'entretien routier (FER) et ayant une portée sur le contrat de la compagnie nationale des eaux et électricité (Jirama) avec les pétroliers » suite à une doléance faite par l'État.

Une autre affaire liée à « une suspicion d'entrave au bon déroulement d'une enquête et de bris de scellés », a happé une ancienne ministre. Il s'agit entre autres de l'incinération des documents du concours d'entrée à l'École nationale de la magistrature et des greffes (ENMG).

L'adoption des lois régissant les élections à l'Assemblée nationale en 2018 a fait scandale. Le Bianco a bouclé le traitement de cette affaire en mai 2019.

Cela explique en partie le nombre élevé de parlementaires et de membres de gouvernement inscrits dans la rubrique « qualité des personnes poursuivies » dans le rapport d'investigation de ce service de lutte anticorruption.

Quelques jours avant l'adoption de ces textes, les soixante-dix-neuf députés ont reçu la « visite » de plusieurs membres du gouvernement de l'époque au Paon d'or.

Malgré les efforts menés par les limiers du Bianco, une grande partie de ces hauts commis de l'État sont encore libres. Ils ont entraîné dans ces affaires plusieurs hauts responsables qui croupissent actuellement en prison.

Le fait est qu'ils jouissent d'un privilège de procédure et de juridiction. Avec l'opérationnalité de la Haute cour de justice, il est attendu que les « gros poissons » paient également de leurs actes.

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