Sud-Soudan: Salva Kiir accepte une demande clé pour un retour à la paix

Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir et le chef de l'opposition, le Riek Machar, se sont rencontrés le 11 septembre 2019 à Juba. Ce fut leur deuxième rencontre en face à face.

Au Soudan du Sud, le président Salva Kiir s'est déclaré, ce samedi 15 février, favorable à une restauration du système fédéral à dix États qui prévalait à l'indépendance du Soudan du Sud, le dernier pays africain à accéder à la souveraineté en 2011.

Il s'agit là d'une concession de taille faite à son rival Riek Machar pour tourner la page de la guerre civile qui a éclaté dans le pays, fin 2013.

On peut effectivement parler d'une concession puisque, dans son communiqué, la présidence sud-soudanaise explique que cette décision « n'est peut-être pas la meilleure option » pour le peuple sud-soudanais mais qu'elle a été jugée « nécessaire [...] au nom de la paix et de l'unité du pays ».

Jusqu'au 22 février

Le président Salva Kiir et l'ancien chef rebelle Riek Machar ont jusqu'à samedi prochain, le 22 février, pour former un gouvernement d'union nationale, conformément à l'accord de paix qu'ils ont signé.

Cette question du découpage territorial du Soudan du Sud était l'un des principaux points de blocage dans les négociations entre les deux hommes.

Salva Kiir avait d'ailleurs, plusieurs fois, refusé de céder sur ce point. C'est à lui, en effet, que l'on doit l'actuel découpage du pays en trente-deux États contre dix au moment de l'indépendance, en 2011.

Gérard Prunier, chercheur émérite du CNRS et aujourd'hui consultant indépendant, explique que cette démultiplication du nombre d'États était un moyen, pour Salva Kiir, de renforcer la domination politique des Dinka, l'ethnie dont il est issu.

Un pas important

Cependant, et de son côté, Riek Machar avait prévenu : pas question pour lui de redevenir vice-président (et par conséquent de former un gouvernement d'union nationale) si le nombre d'États était maintenu.

Cette annonce du retour à l'ancien système fédéral est donc, selon Gérard Prunier, « un pas clé pour que la guerre puisse se terminer », à condition, évidemment, que ce soit « mis en œuvre ».

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Plus de: RFI

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