Ile Maurice: Radio-télévision nationale - Les propos de Jacques Maunick blessent des journalistes

15 Février 2020

Le consultant en formation à la MBC est loin de faire des heureux. Ce «proche de Lakwizinn» n'aurait pas perdu son langage fleuri et on n'a pas oublié les frasques de l'exdirecteur de la radio.

Les critiques pleuvent contre Jacques Maunick, recruté récemment comme consultant en formation à la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC). Selon les dires des journalistes et animateurs «forcés» à suivre ses cours (à travers une lettre individuelle), l'ancien animateur de Radio France International et ex-directeur de la radio à la MBC, tient des propos injurieux, désobligeants, voire sectaires à leur égard. Pire encore, confie-t-on, des chefs de départements également présents à ses séances de formation ne manquent pas d'y ajouter leur grain de sel. En raison des pleins pouvoirs que leur a conférés le directeur général (DG), Beejhaye Ramdenee, le personnel concerné ne sait pas quel saint se vouer...

Jacques Maunick, 77 ans, a démarré ses cours le 3 février. Selon nos recoupements, il a aussitôt donné le ton en faisant ressortir qu'il est «l'oncle de la cuisine» (NdlR : l'oncle maternel de Kobita Jugnauth). Si, dans une interview accordée à l'express le 1er février, le DG de la MBC a affirmé que Jacques Maunick est appelé à former des journalistes et animateurs en raison de sa longue expérience dans l'audiovisuel, de nombreuses personnes n'y croient absolument pas.

Il nous revient que Jacques Maunick perçoit une rémunération mensuelle de Rs 95 000. Son contrat de trois mois inclut la révision de la programmation des chaînes radio et du format du journal télévisé de 19 h 30.

Jacques Maunick dérange pour plusieurs raisons. D'ores et déjà, les journalistes et animateurs n'ont pas oublié que leur collègue, Valérie Kallee, l'avait accusé de harcèlement sexuel en 2004. L'affaire, qui avait fait grand bruit à l'époque, avait même été portée en cour et le principal concerné acquitté en mai 2010. Dix ans plus tard, la même journaliste est tenue d'assister à ses séances de formation... «Qu'elle le veuille ou pas, elle est obligée à participer à ses cours», dit-on.Mais l'on déplore surtout le langage fleuri du principal concerné. «Il humilie les animateurs en leur disant qu'ils ne connaissent rien à leur métier ou encore que leurs émissions ne valent pas un clou. D'autres ont même eu droit à des jurons. Il n'hésite même pas à porter des jugements de valeur sur la pratique religieuse d'autrui... »

Sollicité, Jacques Maunick admet qu'il a «peut-être tenu un langage un peu vert au début» mais que le DG de la MBC lui a parlé et que depuis, «les choses ont évolué positivement». «Je m'attendais à ce genre d'opposition. Depuis l'année 2000 (rappelant, dans la foulée, les accusations de harcèlement sexuel citées plus haut), il y a toujours eu un petit groupe anti-Jacques Maunick. C'est le même qui gâche l'atmosphère. Hormis les relations tendues avec ce groupe, j'ai de bonnes relations avec les autres. Je ne suis pas du genre à me laisser faire. Il m'arrive de sortir de mes gonds et de lâcher certaines vérités», soutient le formateur contesté. Jacques Maunick ajoute, toutefois, que «la montagne a accouché d'une souris car il faut plutôt voir le travail qui est en train d'être fait.»

Également interrogé, Beejhaye Ramdenee concède qu'il y a eu des plaintes d'un petit groupe d'employés et que le contentieux a été résolu. «Jeudi après-midi, j'ai rencontré ces jeunes de la radio pas habitués au langage de Jacques Maunick. Ils reconnaissent tout de même sa compétence. Tout le malentendu a été dissipé et tout est entré dans l'ordre», a déclaré le DG de la station de radiotélévision. «Ce qui n'est pas vrai», rétorquent les plaignants. Il nous revient aussi que le bureau du Premier ministre a eu écho de la frustration causée par Jacques Maunick. Et qu'on ne serait pas content de cette situation.

Anooj Ramsurrun nouveau adjoint au DG

L'ancien no1 par intérim de la MBC, Anooj Ramsurrun (il avait démissionné de ses fonctions le 14 août dernier) assumera le poste d'adjoint au DG à partir de lundi. Sollicité, le principal concerné, qui était revenu à la MBC comme consultant, le 3 octobre dernier, nous a confirmé la nouvelle, mais n'a pas souhaité faire davantage de commentaire à ce propos.

Kessen Budhoo évincé de «Samachar»

Kessen Budhoo n'est plus en charge du département Samachar. Depuis jeudi, il est posté au département de production. D'aucuns parlent de «transfert forcé», vu que le principal concerné a été évincé par deux chefs de départements. Sollicité, Beejhaye Ramdenee déclare que Kessen Budhoo était «sous-utilisé» au département Samachar. «Il est très bon en anglais, français et hindi. Il nous faut beaucoup de production locale si l'on veut développer la MBC. Kessen Budhoo compte une longue expérience dans le domaine. Il sera une personne-ressource au département de la production.» D'ajouter que c'est Ashok Beeharry qui a pris la relève au département Samachar, en plus de l'«English Desk», depuis hier. Ce dernier sera aussi responsable de l'unité multimédia et aura un rôle prépondérant dans la formation et l'évaluation continue des journalistes.

Mekraj Baldowa de retour à Moka ?

Après avoir quitté son poste de directeur général (DG) de la MBC, le 25 avril 2018, Mekraj Baldowa pourrait faire son come-back à Moka. Le retour de l'ancien DG est même commenté par certains employés, qui souhaitent un changement à la tête de la MBC. Le PM, avons-nous appris, aurait pris contact avec Mekraj Baldowa. Toutefois, aucune décision n'a été prise. Interrogé, le principal concerné n'a ni confirmé ni infirmé la nouvelle.

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