Sénégal: Des populations de Diobass expriment leur soif par une marche

Diobass — Des habitants d'une vingtaine de villages de la commune de Notto Diobass, dans la région de Thiès (ouest) ont marché samedi, pour réclamer une solution définitive au manque d'eau auquel ils font face depuis plus de deux ans, a constaté l'APS.

A l'appel de la plateforme citoyenne "Sentinelles du Diobass", plusieurs centaines de personnes tout de rouge vêtues, ou arborant des brassards rouges, ont marché de Sessène Sassar à Notto, le chef-lieu d'arrondissement pour remettre un mémorandum au sous-préfet.

Encadrés par des gendarmes, ils ont parcouru la route traversant le village, pour exposer leurs doléances au cri de "Diobass a soif !", "Non à l'injustice !" ou encore "Aquatech dégage !", du nom de cette société dont ils décrient la gestion des forages locaux.

Les marcheurs venus d'une vingtaine des 67 villages de la commune, étaient munis de bidons vides, portés à bout de bras, ou transportés sur des charrettes ou des bouteilles (remplies) d'eau boueuse.

Venus de Ngolfagnigue, Baback Srérères, Ngolar, Sangué, Thiéo, Keur Ibra Fall, entre autres, ils ont exprimé leur soif, en retraçant leur lot quotidien, marqué par la recherche du liquide précieux.

Dans le document remis au sous-préfet de Notto-Diobass, Jean-Baptiste Sène, les populations dénoncent l' "injustice" dont elles se disent victimes. Le document a été lu par le chargé de la communication des Sentinelles de Diobass, Djiby Faye,

Au moment où 14 forages sont implantés dans cette zone pour desservir Dakar et une partie de la région de Fatick, les villages de la commune peinent à s'approvisionner en eau, regrettent-elles.

Quatre forages de grande envergure implantés dans le Pahmi ravitaillent une bonne partie de la région de Fatick, via le projet Notto-Ndiosmone Palmarin.

Un deuxième pôle de 10 forages, implanté à Tassette, alimente une partie de la capitale à travers le Projet eau et assainissement en milieu urbain (PAMU), relèvent les organisateurs.

"Pendant ce temps, la pénurie d'eau depuis plus de deux ans, continue à sévir et à précariser le quotidien des populations de cette localité". Ils invitent le Chef de l'Etat Macky Sall, "garant de l'équité et de la justice sociale", à "réparer cette injustice" qu'ils ne sont plus prêts à laisser perdurer "dans la passivité".

Les Sentinelles du Diobass veulent que tous les 67 villages de leur commune soient connectés aux forages de grande envergure installés sur leur terroir.

Ils dénoncent un renchérissement du prix de l'eau "avoisinant les 400 francs le litre" - , soit plus cher qu'en ville. Cela est lié à la privatisation qu'ils récusent, en exigeant une "rupture" du contrat d'affermage les liant à la société Aquatech, gestionnaire de leurs forages.

Les Sentinelles s'opposent, par ailleurs, à la surexploitation de la nappe phréatique qui menace d"'aridité" la vallée fossile du Notto Diobass, où se pratique l'horticulture.

La plateforme citoyenne plaide pour une réduction des "20 millions de litres d'eau par jour" pompés par le PAMU dans la zone, dans une "logique de développement durable".

A ce rythme, "les forages locaux anciens qui captent sur une nappe superficielle, sont promis à mourir de leur belle mort", alertent-ils. Ils jugent "dangereuse pour la santé", la consommation de l'eau de ces forages.

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