Congo-Kinshasa: Belgique - Des diamants du pays vendus pour 7,8 millions de dollars

Les diamants, qui provenaient de la société congolaise Sacim, ont été mis en vente du 6 au 12 février sur le site du Diamond Tender Facility d'Anvers, situé dans le bâtiment de l'Antwerp World Diamond Centre (AWDC). La vente s'est déroulée en présence de Nyembo Muyumba, directeur général du Centre d'expertise d'evaluation et de certification (CEEC) du ministère des Mines de la RDC.

Le lot de diamants mis aux enchères était composé de 15% de diamants de qualité « gemme »- diamants adaptés aux bijoux - et de 85% de diamants industriels. La mine Sacim est située sur le territoire de Miabi, dans la province du Kasaï oriental.

Il s'agissait de la deuxième vente aux enchères de diamants congolais en peu de temps à Anvers. En novembre 2019, une vente aux enchères similaire, dans laquelle 350 000 carats ont été échangés, a rapporté 5,92 millions de dollars.

Comme pour la première vente, indique-t-on, la seconde vente a dépassé les attentes: l'organisateur de la vente, la société Samir Gems, a vendu quelque 535 000 carats de diamants bruts pour 7,84 millions de dollars.

Selon Anjal Bhansali de Samir Gems, plus de deux cent cinquante sociétés ont visité le site de vente en seulement cinq jours, cinquante sociétés ayant soumis des offres et dix-neuf sociétés différentes remportant des lots.

« C'est l'une des choses qui montre qu'Anvers est toujours le meilleur marché. Il y a tellement d'acheteurs actifs à Anvers, les mineurs - en l'occurrence la Sacim - peuvent être assurés de maximiser leur retour », a-t-il fait savoir.

Les bénéfices de la première vente de novembre étaient légèrement plus élevés que ceux de la deuxième vente . En effet, explique-t-on, en novembre la vente a rapporté près de six millions de dollars pour 350 000 carats de diamants de qualité mixte à un prix moyen de près de seize dollars le carat.

Cette fois, la vente a généré 7,84 millions de dollars pour environ 535 000 carats à un prix moyen de 14,72 dollars par carat, ce qui est légèrement supérieur à la valeur estimée des marchandises telle que déterminée par les experts diamantaires du Centre d'expertise d'évaluation et de certification du ministère des Mines de la RDC

Anjal Bhansali a déclaré que, bien que les produits commerciaux aient enregistré de bonnes performances, le prix des pierres précieuses a chuté en raison d'une production de qualité légèrement inférieure, ainsi que d'un sentiment général de prudence chez les acheteurs.

« L'engouement de la hausse des ventes de brut en janvier a été quelque peu atténuée en raison du virus et des gens qui s'inquiètent du marché. La crise s'intensifie sur les principaux marchés du diamant, et il ne faut pas oublier que les diamants sont un produit de luxe.

Les diamantaires n'achètent généralement pas de produits de luxe en temps de crise ». Samir Gems a déclaré que les résultats positifs de ces deux ventes ont ouvert la voie pour de nouvelles ventes de diamants bruts de la RDC.

Fruit de l'accord de coopération

La visite du président congolais Félix-Antoine Tshisekedi à Anvers le 15 septembre 2019, explique-t-on, a revitalisé les relations commerciales entre l'industrie diamantaire anversoise et la RDC. Au cours de cette visite, la RDC et les diamantaires d'Anvers avaient signé un accord de coopération.

Le « memorandum of understanding », signé entre les deux parties, est axé sur l'échange d'informations et l'innovation technologique. Le programme déjà existant consiste à former à Anvers des fonctionnaires congolais en matière d'estimation de valeurs et de processus administratif.

Le protocole d'entente ne se limite pas uniquement à la filière diamant, mais prévoit également son extension à d'autres filières minières non négligeables, à savoir l'or, la cassitérite, le cuivre et le cobalt.

L'accord de coopération signé entre la RDC et les diamantaires d'Anvers a ainsi conduit à un premier appel d'offres en novembre de plus de 350 000 carats. Les prix atteints lors de cette première vente ont dépassé les attentes des organisateurs et de l'entreprise minière.

Priorité à Anvers

Parallèlement à l'appel d'offres d'Anvers, un lot de diamants similaires, en provenance de la RDC, avait été mis en vente à Dubaï, avec un prix moyen inférieur de 8% à celui réalisé à Anvers malgré la présence de brut de meilleure qualité.

Cela a conduit le président Tshisekedi à charger le CEEC de donner la priorité à Anvers en tant que principal canal de vente des diamants congolais.

Anvers est le centre de négoce de diamants le plus compétitif et strictement contrôlé au monde, avec 86% des diamants bruts du monde vendus chaque année dans la ville. Samir Gems organise les ventes aux enchères au sein l'AWDC.

«Les diamants sont une source de revenus importante pour la RDC.Gagner un fort retour sur appel d'offres est donc extrêmement important pour le gouvernement congolais ainsi que pour la population.

Nous sommes donc heureux qu'ils aient opté pour le modèle commercial transparent et le marché concurrentiel d'Anvers. De cette façon, nous apportons une valeur ajoutée à la RDC», a expliqué Ari Epstein, PDG d'AWDC.

Mi-mars, une délégation d'Antwerp World Diamond Centre se rend en RDC dans le cadre du suivi de l'accord de coopération signé en novembre 2019.

A cet effet, lors de la signature de l'accord de coopération le président congolais Félix Tshisekedi avait tenu à souligner que la commission mixte, qui sera mise en place en vue de définir les conditions et les modalités d'application de ce protocole d'accord, veillera à ce que la coopération entre la RDC et la Belgique aboutisse à l'éclosion d'une classe moyenne d'opérateurs congolais ; la promotion d'une industrie diamantaire respectueuse des normes internationales d'approvisionnement responsable; la canalisation des flux des diamants vers la bourse des matières précieuses à créer en RDC avec l'assistance de l'AWDC et le marché mondial ; le renforcement des capacités des Congolais par la création d'une école de gemmologie en RDC.

Ces dernières années, Anvers a importé de moins en moins de diamants bruts directement de la RDC, en baisse de 35% en valeur et de 24% en volume rien qu'en 2018, cette tendance se poursuivant en 2019.

Les prix que la RDC a reçus pour ses exportations de diamants - toujours faible - a également chuté de plus de 50% au cours des quinze dernières années, se situant actuellement à un peu plus de 8 $ le carat.

La RDC est le quatrième producteur mondial de diamants bruts en volume et le 10e en valeur. Selon les statistiques officielles du Processus de Kimberley, la RDC a produit en 2018 16,4 millions de carats évalués à plus de 136 millions de dollars, mais le prix moyen par carat que le pays a tiré de ses diamants, 8,31 $, était le plus bas du monde.

La production de diamants de la RDC en 2018 représentait 11% de la production mondiale mais moins de 1% de sa valeur. La Belgique a importé 6,72 millions de carats d'une valeur de 59,1 millions de dollars de la RDC en 2018. Le montant importé représentait 7,25% du volume total des importations de diamants bruts belges.

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