Sud-Soudan: Riek Machar rejette le nouveau découpage territorial

C'est un nouveau coup de théâtre au Soudan du Sud. Le chef rebelle Riek Machar a rejeté, ce dimanche 16 février, le nouveau découpage territorial proposé par le chef de l'État. Salva Kiir a donné son accord, samedi 15 février, pour un retour au système fédéral à dix États, comme le réclamait la rébellion. Il a également annoncé la création de trois nouvelles zones administratives et c'est précisément ce qui pose problème.

Pour le chef rebelle Riek Machar, la création de ces trois zones administratives risque de poser de nouveaux problèmes. Quelles sont-elles ? Il y a d'abord le Ruweng, région disputée entre les Dinkas, ethnie du président Salva Kiir et les Nuers, ethnie de Riek Machar. Il s'agit de la zone la plus riche en pétrole du Soudan du Sud et c'est justement du pétrole que le pays tire l'essentiel de ses revenus.

« Conflits pastoraux »

Il y a ensuite la région de Pibor, située à la frontière avec l'Ethiopie. Selon Marc Lavergne, chercheur au CNRS et spécialiste de la Corne de l'Afrique, cette zone est « très sensible pour des raisons ethniques ». Elle est « marquée par des conflits pastoraux entre les différents peuples nomades » situés de part et d'autres de la frontière.

Et puis il y a la région d'Abyei, contrôlée, toujours d'après Marc Lavergne, par le Soudan, pacifiée par les casques bleus éthiopiens et revendiquée par le Soudan du Sud.

Garder le contrôle

La création de ces trois zones administratives serait donc un moyen, pour le pouvoir central de Juba, d'en garder le contrôle. Voilà pourquoi Riek Machar demande au président Salva Kiir d'y renoncer.

La formation du gouvernement d'union nationale - prévu par l'accord de paix - semble donc, plus que jamais, compromise d'autant que la date butoir est fixée à samedi prochain, le 22 février.

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